mercredi, 14 novembre 2007
PRESIDENTIALISATION?
PRESIDENT ELU AU SUFFRAGE UNIVERSEL ?

La dérive présidentielle de notre République remonte à 1962 et à la modification apportée à la constitution de 1958 mettant en place l’élection du Président de la République au suffrage universel.
En effectuant quelques recherches sur le sujet j’ai pu découvrir que l’un des plus farouche opposant à cette disposition fût Paul Reynaud, un homme politique à la longévité exceptionnelle et un allié de toujours du Général de Gaulle.
Paul Reynaud a mené une bataille acharnée pour défendre le principe d’un régime parlementaire dans un discours magnifique prononcé devant l’assemblée nationale le 4 octobre 1962.
Il faut noter la richesse de ce discours.
J’en reproduis ici quelques extraits.
Dans ce premier extrait, Paul REYNAUD décrit les pouvoirs exorbitants détenus par un seul homme. Il reprend pour appuyer son propos les déclarations du Général.
" Et pourquoi cet acte si grave? Le général de Gaulle nous l'a dit dans son allocution télévisée du 20 septembre, à laquelle je veux me référer - car elle est beaucoup plus complète que celle de tout à l'heure -: pour faire élire au suffrage universel, au terme de son mandat, soit lui-même, soit un inconnu qui, pendant sept ans - et le mandat est renouvelable - aura, je cite : "les responsabilités suprêmes ", prendra "sur le rapport des ministres" - tel Louis XIV - et je cite encore: " toutes les décisions importantes de l’état" et qui, je cite de nouveau,: "dans les domaines essentiels de la politique extérieure et de la sécurité nationale" sera " tenu à une action directe ".
[...]
Ainsi donc, voilà un Président de la République, élu au suffrage universel, qui décidera de la vie ou de la mort de la France suivant qu'il fera une bonne ou une mauvaise politique militaire, une bonne ou une mauvaise politique étrangère. "
Dans ce deuxième extrait, Paul REYNAUD décrit le sort peu enviable des ministres et déclare craindre l’irresponsabilité totale du Président devant l’assemblée. L’actualité lui donne raison. Il pointe du doigt également l’exception Française en la matière.
" Cet inconnu tout-puissant ne sera responsable devant personne. L'Assemblée ? Il la congédiera à sa guise. Au-dessous de lui, les ministres. Pourront-:ils vraiment être responsables devant le Parlement d'une politique qui n'est pas la leur, qui est celle de leur maître intouchable? Les malheureux joueront le rôle qui était, à la cour de France, celui des menins que l'on fouettait lorsque le petit dauphin faisait des sottises.
Mesdames, messieurs, on peut être partisan du régime présidentiel ou du régime parlementaire, mais je vous défie de trouver parmi les peuples du monde libre un seul citoyen qui accepte pour son pays un régime aussi extravagant et aussi dangereux. "
Il défend le régime parlementaire avec des arguments convaincants et rappelle la révolution Française.
Un de ses points de vue les plus intéressant, à mon sens, du raisonnement tient à la necessité du débat qui éclaire forcément le peuple dans ses choix électoraux.
Pour moi aussi une démocratie sans débat et sans une information libre et impartiale est une mascarade.
" Or, dans tous les pays civilisés, le Parlement est considéré comme représentatif de la nation, avec ses qualités et ses défauts, avec ses diversités, ses contradictions même. Mais, lorsque les élus assemblés délibèrent et votent, ils sont investis de cette qualité éminente de représentants de la nation.
Je vous dis que pour nous, républicains, la France est ici et non ailleurs. ……………….. ;
Depuis 1789, les représentants du peuple, si décriés aujourd'hui, savent bien qu'ils ne sont, pris isolément, que des porte-parole modestes, précaires, faillibles, vilipendés souvent. Mais ils savent aussi qu'ensemble ils sont la nation et qu'il n'y a pas
d'expression plus haute de la volonté du peuple que le vote qu'ils émettent après une délibération publique.
C'est cette foi qui rassemble aujourd'hui, pour l'honneur de la République, des élus de toutes croyances et de toutes appartenances politiques...
Des hommes opposés sur beaucoup de problèmes...
... ont constaté qu'ils ont cette foi commune et se sont réunis. "
Enfin et pour finir avec cette analyse et à la lumière de la personnalité de Monsieur Not’président, je reprends une phrase tirée de la motion de censure déposée par Paul Reynaud et ses amis contre le gouvernement Pompidou le 4 octobre 1962.
Je cite :
" considérant qu’il ( le général ) ouvre ainsi (par l’élection au suffrage universel du Président) une brèche par laquelle un aventuriers pourrait passer, un jour, pour renverser la République et supprimer les libertés "
Je souhaite que ce jour ne soit pas arrivé.
Quant à Paul Reynaud, Il meurt le 21 septembre 1966 à Neuilly sur Seine en nous laissant ses mémoires. Très rancunier, le général de Gaulle ne lui accorde pas d'obsèques nationales et interdit à ses ministres d'y assister.
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Discours complet : http://www.senat.fr/evenement/revision/debatan_04101962.h...
Paul REYNAUD : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Reynaud
10:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : président, reynaud, 1962, censure, pompidou, présidentiel
vendredi, 02 novembre 2007
DERIVE PRESIDENTIELLE.
Bayrou voit dans le rapport Balladur une dérive des institutions
08:55 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, président

