Compteur Gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • 14_18.

    Sport, guerre et propagande du consentement

    “Bien entendu, le peuple ne veut pas de guerre. Pourquoi est-ce qu’un pauvre type dans une ferme voudrait risquer sa vie dans une guerre dont il ne peut espérer au mieux qu’il en reviendra entier ? Naturellement, le commun de la population ne veut pas de guerre ; ni en Russie, ni en Angleterre, ni en Amérique, ni, en ce qui nous concerne, en Allemagne. C’est bien entendu. Mais, après tout, ce sont les dirigeants d’un pays qui en déterminent les lignes d’action, et ce n’est jamais qu’une simple question que de faire consentir le peuple, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement, ou une dictature communiste. [...] Le peuple peut toujours être converti à la cause de ses dirigeants. Cela est facile. Tout ce qu’il suffit de faire, c’est de leur dire qu’ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose le pays au danger. Cela marche de la même manière dans tous les pays.”

    ~ Hermann Göring, procès de Nüremberg ~

     

    Sport, guerre et propagande du consentement

     

    Résistance 71

     

    17 Novembre 2014

     

    Un évènement, pour beaucoup sans doute anodin mais qui, à notre sens, est important dans le contexte de tensions mondiales actuelles, est passé totalement inaperçu Samedi dernier et pourtant cet évènement a une portée symbolique à notre sens parfaitement voulue par nos dirigeants traîtres va t’en guerre.

    Quel fut-il ?

    La minute d’applaudissement pour les soldats morts durant la première guerre mondiale qui s’est déroulée avant la rencontre de rugby France-Australie au Stade de France.

    Quel choc !

    46 joueurs, des officiels et plus de 70 000 personnes (moins ceux qui ne le firent peut-être pas..), qui applaudirent la boucherie de pauvres bougres morts pour enrichir les marchands de canon dans une guerre voulue par l’oligarchie industrielle et financière, le tout télévisé en direct. Impact propagandiste éhonté garanti !

    Ceci a une portée à deux niveaux qui repoussent les niveaux du cynisme vers une limite rarement égalée:

    • Le système et ses exécutants fait applaudir le massacre organisé et “codifié” de (pauvres) gens, de sa chair à canon usuelle. Applaudir est une manifestation de joie consentie. Certains diront de gratitude parfois aussi. Certes, en quoi donc devrions-nous avoir une gratitude pour les 2 millions de morts et plus des deux camps dans cette boucherie sans nom et inutile, qui n’a fait qu’enrichir le même petit monde et aidé à forger la prochaine étape coloniale occidentale ?
    • Le système et ses exécutants fait approuver, valider par les applaudissements, les motivations guerrières passées, présentes et à venir. Il manipule le consentement des foules, en l’occurence, il prépare la masse zombifiée à la prochaine guerre que les banquiers et industriels transnationaux ont décidé. Cette décision du remplacement de la traditionnelle minute de silence par cette cacophonie du consentement forcé est une honte et une manœuvre de propagande patentée.

    Lorsque l’on fait observer une minute de silence. Chacun est libre de penser ce qu’il veut durant cette “minute” (plus souvent proche des 30 secondes, car on ne met pas si longtemps la société du spectacle en veilleuse…), cela reste du domaine de la sphère intime et individuelle. En revanche quand on demande d’applaudir la mort de millions de personnes (soi-disant en “hommage”), on force à l’extériorisation d’un sentiment qui est peut-être présent ou non. Si par exemple une personne refuse d’applaudir, elle fait “tâche”, on peut la stigmatiser comme “anti-patriotique”, comme le préconisait Hermann Göring dans la citation que nous avons mise en exergue de ce billet. La manœuvre évidente de cette “nouvelle forme de commémoration” est de forcer le peuple à consentir aux massacres passés, présents et à venir.

    Nous l’avions dit ce 11 Novembre avec la traduction d’un billet percutant de Mohawk Nation News: “Le jour de la commémoration de l’armistice est la plus grosse campagne de propagande pour la continuation de la première guerre mondiale. Les champs d’horreur d’Europe ne sont plus, mais la guerre elle, continue bel et bien.”

    Les ordures du pouvoir, marionnettes des marchands de canons et des banquiers, nous préparent sur ordre, à la prochaine “der des der”. Tout l’environnement géopolitique y concourt: La dernière réunion de l’APEC à Pékin qui a été une grande baffe dans la tronche de l’empire sur tous les plans: politique, économique, financier, technologique, énergétique, même militaire et ce même si on peut toujours émettre des réserves quant au véritable rôle de la Chine. Le G20 de Brisbane qui vient de se terminer en enterrinant la rupture entre la Russie et l’occident, même si les pays des BRICS n’ont pas pris la défense de la Russie officiellement, ce qui fut sans aucun doute une manœuvre diplomatique, pave le nouveau chemin de la guerre voulue par les criminels industrio-financiers dont les intérêts hégémoniques convergent et demandent un nouveau « sacrifice » de grande ampleur pour les conforter dans leur position hégémonique.

    Si on essaie d’observer et d’analyser au delà de ce qui nous est donné de voir, sommes-nous partie intégrante d’une partie d’échecs non pas bi, mais tri-dimensionnelle comme nous l’avions tentativement analysé dans notre commentaire de notre dernière traduction d’un article de Pepe Escobar Le canard boiteux sorti de la caravane de la route de la soie ?

    Ne nous leurrons pas. Les applaudissements exigés au Stade de France font partie d’une propagande toujours renouvelée du consentement du peuple aux sacrifices suprêmes qu’il a fait et devra faire pour le seul profit d’une clique d’oligarques criminels qui nourrit une haine viscérale envers le peuple et ne cherche qu’à nous éliminer et/ou à nous exploiter au travers de la machine-outil étatique qui détient le monopole de la violence et que l’oligarchie fait valider et légitimiser de temps à autre par sa chair à canon. Le comble du cynisme et du foutage de gueule en règle.

    Arrêtons d’applaudir bêtement. Réfléchissons à ce qu’on nous demande de faire en permanence et acceptons le fait qu’il est grand temps de dire NON ! afin de mettre un terme à cette insanité croissante.

    *  *  *

    A lire: « La guerre ». Pierre Kropotkine, 1912

    source