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  • Technologies fossilisées au musée

    TEchnoLogies FOssilisisées Aux Musées. [Rappel Tv Primates trompés et fiers de l'êtres: TF1/ARTE/FR5] from Nikosovo on Vimeo.

  • "le monde libre" : Jamais censure n’a été plus parfaite...

       Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui l’on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. Jamais il n’a été permis de leur mentir avec une si parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien. Qui regarde toujours, pour savoir la suite, n’agira jamais : et tel doit bien être le spectateur. 

     
    Commentaires sur la société du spectacle,
    Guy Debord 1988

    On trouvera rarement un meilleur moment aujourd’hui pour étudier les effets de la propagande politique dans ce qu’on appelle « le monde libre ». 

    Nous vivons un moment de propagande insidieuse bien délimitée. Elle répond à un besoin commun. Dans une période de boucherie à grande échelle et parmi d’autres désastres créés par l’homme, celui qui possède une conscience morale peut s’arranger avec quelques catégories bien claires, le bien et le mal, le désirable et le méprisable. Autrement dit, une certaine certitude politique. Il est même possible de vendre des guerres avec comme argument de vente « une morale limpide », comme ce fut le cas avec l’Irak et l’Afghanistan. 

    La classification « bien ou mal » est assez facile à appréhender quand des journalistes captifs se font décapiter par des djihadistes. Ceux qui « font quelque chose contre cela » sont automatiquement classés dans la catégorie des « types bien ». Mais il subsiste un problème, car quelque chose n’est pas clair dans cet exemple. La Syrie d’Assad a été classée durant des années en haut de la liste des « mauvais types », et voilà que soudainement elle semble avoir muté en ce qui ressemblerait à un allié de ceux qui ont l’intention de redresser les choses. A cela, il faut ajouter le fait, qui n’est pas un grand secret, que les islamistes radicaux, d’où est sorti l’EIIL [État islamique en Irak et au Levant], ont été encouragés et financés par les États-Unis et leurs alliés arabes. En outre, le fait est à présent clairement admis que tout ce désordre n’existerait même pas si l’on s’était abstenu d’agir comme un apprenti sorcier en décapitant l’État irakien en 2003. 

    L’exemple ukrainien est un cas encore plus tranché. Nous avons là, à Kiev, des combattants pour la démocratie et autres valeurs occidentales, opposés à un personnage qui s’évertue à leur mettre des bâtons dans les roues, qui ne respecte pas la souveraineté de ses voisins, et dont l’intransigeance ne diminue pas, quelles que soient les sanctions qu’on lui inflige. 

    L’histoire de l’avion abattu, avec ses 298 morts, est-elle sortie de l’actualité, tout comme l’investigation qui permettrait de connaître les coupables ? Ne retenez pas votre souffle. La semaine dernière, les téléspectateurs des actualités néerlandaises ont été informés de quelque chose qui avait déjà fait le tour d’internet : les pays qui participent à l’enquête ont signé un accord de non divulgation. Chacun des membres (ce qui inclut Kiev) a droit de veto sur la publication des résultats, sans devoir s’en expliquer. La vérité sur le sort horrible de ces 298 personnes semble avoir été déjà scellée par la propagande. Cela veut dire que, même s’il n’existe pas la moindre preuve de la véracité de l’histoire officielle d’un avion abattu « par les rebelles avec l’aide par la Russie», cette version reste la justification des sanctions prises à l’encontre de la Russie. 

    Alors que la crise se traînait depuis des semaines avec d’autres carnages et des dévastations par bombardements, puis avec un Otan inquiet marmonnant que les camions blancs d’aide humanitaire de Poutine pouvaient parfaitement constituer une 5e colonne, l’attention pour la crise Ukraine a retrouvé un nouveau sommet d’intérêt dans les médias avec la prétendue « invasion » russe, « destinée à aider les rebelles ». 

    Le New York Times a fait sa une le 1er septembre avec le titre « La Russie et l’Ukraine sont maintenant ouvertement en guerre ». Un autre produit de la propagande ? Nul doute que cela y ressemble. Il semble que des volontaires étrangers, et même de nationalité française, se soient joints aux « rebelles », et la plupart d’entre eux semblent être des Russes (n’oubliez pas que les combattants du Donetsk et de Lugansk ont des voisins et des relations juste de l’autre côté de la frontière). 

    Pourtant, comme le nouveau président du Conseil des ministres de la République populaire de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, a répondu à un reporter étranger durant sa conférence de presse : s’il y avait des unités russes en train de combattre aux côtés de ses forces, ils seraient en train de faire mouvement vers Kiev. Malgré le peu d’informations qui nous parviennent, tout indique que ses forces réalisent déjà une belle performance, seules, sans l’aide des Russes. Elles sont aussi aidées en cela par ceux qui désertent les troupes de Kiev car ils n’éprouvent aucun enthousiasme à tuer leurs frères de l’est de l’Ukraine. 

    Les éditeurs impartiaux n’ont pratiquement aucun moyen pour comprendre ce qui se passe sur le terrain à Donetsk et à Lougansk, du fait qu’ils ne peuvent envoyer des reporters expérimentés là où les combats ont lieu. Les frais d’assurance astronomiques que cela impliquerait dépassent de loin leurs possibilités budgétaires. Il ne reste plus, dès lors, d’autre solution que d’essayer de glaner des infos sur les quelques sites internet ayant une bonne réputation. 

    La ligne de propagande du Département d’État et de la Maison Blanche relative au désastre du vol MH17 s’est faite moins emphatique après que des analystes de l’espionnage US (dont l’opinion a fuité auprès de certains journalistes) ont refusé de coopérer, mais cette ligne de propagande est de retour en force avec le thème de l’invasion russe, tandis que le schéma du bon et du méchant reste entretenu par diverses publications américaines. Parmi celles-ci se trouvent des journaux qui ont une certaine réputation à défendre, tel Foreign Policy, ou d’autres qui étaient considérés comme des phares de l’esprit libéral, comme The New Republic, dont il nous faut regretter qu’il ait cessé d’être une source relativement fiable de connaissance politique. 

    C’est seulement ces derniers jours qu’un article exceptionnel dans Foreign Affairs, signé de l’exceptionnel érudit en géopolitique John Merscheimer, a commencé à frapper les esprits. Merscheimer fait porter la plus grande part de responsabilité là où il se doit : sur Washington et sur ses alliés européens. « Les États-Unis et les leaders européens ont fait une grosse bourde en essayant de faire de l’Ukraine une forteresse occidentale sur la frontière Russe.
    Maintenant que les conséquences en ont été mises en évidence, ce serait erreur plus grande encore de vouloir poursuivre cette politique bâtarde ». 

    Il faudra du temps avant que cette analyse n’atteigne et ne convainque quelques éditeurs européens sérieux. Une autre voix de bon sens est celle de Stephen Cohen, par lequel ceux qui veulent essayer de comprendre la Russie de Poutine devraient commencer leur étude. Mais les « patriotes hérétiques », comme il se décrit lui-même, sont actuellement très malmenés par la presse, lui-même s’étant fait passer un savon par The New Republic. 

    Le signe d’une propagande bien menée est la façon dont elle s’insinue jusqu’au lecteur ou téléspectateur qui ne soupçonne rien. Elle le fait par des remarques désinvoltes, exprimées entre les lignes, dans des recensions de livres, de films ou d’articles ou pratiquement dans n’importe quoi. C’est tout autour de nous; prenons en un exemple tiré de la Harvard Business Review, dans lequel l’éditeur en chef, Justin Fox, se demande : « Pourquoi le président Vladimir Poutine pousserait-il son pays vers une confrontation avec l’Occident, dont il peut être sûr que cela fera du mal à son économie ? ». Ma question à cet auteur, qui est quelqu’un dont les analyses sont souvent pertinentes : « Comment savez-vous que c’est Poutine qui pousse ? ». 

    La chaine Fox cite Daniel Drezner, estimant que Poutine « ne se soucie pas des choses dont se soucie l’Occident » et qu’il est « parfaitement content de sacrifier la croissance économique à la réputation et la gloire nationaliste ». On trouve ce genre de radotage partout, à savoir que, quand on a affaire à Poutine, on a affaire à du revanchisme, à l’ambition de recréer l’Empire soviétique sans le communisme, à des fantaisies machistes et à un politicien que guettent des ambitions totalitaires. 

    Ce qui rend la propagande effective, c’est la manière dont, par son existence entre les lignes, elle s’insère dans le cerveau sous forme de connaissance tacite. Notre compréhension tacite des choses est, par définition, non concentrée : elle nous aide à comprendre autre chose. Les suppositions quelle implique sont établies, elles ne font plus l’objet d’une discussion. La connaissance tacite est hors de portée pour toute nouvelle preuve, aussi bien que pour une analyse améliorée. Ramener ces suppositions à la conscience concentrée est un processus fatiguant, que l’on évite généralement avec un soupir de « passons à autre chose ». 

    La connaissance tacite est une connaissance au plus haut point personnelle. Elle est évidemment partagée, car elle provient de ce qui est là-dehors, des certitudes adoptées par la société, mais elle a été changée jusqu’à devenir notre propre connaissance, et donc quelque chose que nous sommes enclins à défendre becs et ongles, si nécessaire. Les esprits moins curieux se persuadant qu’ils ont « droit » à cette vérité. 

    La propagande qui prend sa source à Washington, et qui continue à être fidèlement suivie par des institutions comme la BBC et la grande majorité des médias de masse européens, n’a laissé aucune place à la question de savoir si les habitants de Donetsk et de Lougansk avaient une raison, peut-être parfaitement valable, de combattre un régime russophobe appliquant une stratégie anti-langue russe et venu remplacer celui pour lequel ils avaient voté. Une raison assez bonne pour risquer le bombardement de leurs bâtiments publics, de leurs écoles, de leurs hôpitaux et de leurs résidences. 

    La ligne de la propagande ne connaît qu’une agression russe pure et simple. C’est Poutine qui a fomenté les troubles dans la partie russophone de l’Ukraine. Nulle part dans les médias de masse, je n’ai vu de reportages et d’images de la dévastation mise en oeuvre par les troupes de Kiev, ce que des témoins oculaires ont pu comparer à ce que l’on montrait de Gaza. Les opinions mises en avant par CNN ou la BBC sont donc acceptées telles quelles. Les « médias sociaux » cités par la porte-parole du département d’État sont reçus comme la vérité. Toute information qui ne s’accorde pas avec cette propagande victorieuse doit être neutralisée, ce qui peut se faire, par exemple, en étiquetant Russia Today comme un organe de propagande de Moscou. 

    Cette propagande dominante prospère à cause de l’atlantisme, une foi européenne qui soutient que le monde ne peut pas fonctionner comme il faut sans que les États-Unis ne soient acceptés comme son principal conducteur, et que l’Europe ne doit pas se mettre en travers du chemin de l’Amérique. Il existe un atlantisme non-sophistiqué aux Pays-Bas, où les commentateurs de la radio expriment leur angoisse à l’égard d’un ennemi russe à la porte, et il existe un atlantisme sophistiqué parmi les défenseurs de l’Otan, qui peuvent faire état d’une multitude de raisons historiques justifiant son existence. Le premier est trop stupide pour qu’on s’y attarde, le second peut facilement être réfuté. Mais il n’est pas aussi facile que cela de traiter avec le genre d’atlantisme intellectuellement le plus séduisant, celui qui nous enjoint d’être raisonnables. 

    Quand une précédente vague de propagande a touché l’Europe, il y a onze ans, avant l’invasion de l’Irak, des érudits et commentateurs sensés, faisant appel à la raison, abandonnèrent un moment leurs chères études pour essayer de réparer ce qui, à l’époque, apparaissait comme une crise de confiance européenne à l’endroit de la sagesse politique du gouvernement américain. C’est à ce moment-là que fut consacré le principe du « sans les États-Unis, cela ne fonctionnera pas ». Ce principe atlantiste est tout à fait compréhensible de la part d’une élite politique qui, après plus d’un demi-siècle de confortable sécurité au sein d’une alliance, doit soudainement commencer à s’interroger sur une sécurité nationale qui, auparavant, lui semblait être acquise dans son propre pays. Mais il y avait plus encore. L’invocation d’un compréhension supérieure de l’alliance atlantiste et le plaidoyer pour une compréhension renouvelé destinée à la fortifier, qui prenaient les allures de cette plainte poignante de vieux amis brutalement placés devant la réalité de la séparation. 

    La douleur exigeait une pommade, elle a été délivrée généreusement. De vénérables intellectuels publics européens et des officiels de haut rang envoyèrent des lettres ouvertes à George W. Bush, réclamant une réparation urgente des relations, accompagnées de formules expliquant comment cela pourrait être accompli. Aux échelons moins élevés, des éditorialistes entrèrent en scène et se firent les partisans de la modération. Parmi les expressions de dégoût de la nouvelle politique étrangère de l’Amérique, beaucoup parlèrent et écrivirent sur le besoin de régler les désaccords, de construire des ponts, de renouveler la compréhension mutuelle, etc. Durant l’été 2003, les opposants sans équivoque à une invasion hâtive de l’Irak apparurent adoucir les bords tranchants de leurs anciennes positions. 

    Mon exemple favori, l’historien d’Oxford et commentateur prolifique Timothy Gartner Ash, partout considéré comme étant la voix de la raison, se mit à pondre des livres et des articles débordant de baume transatlantique. On découvrit de nouvelles possibilités, on tourna de nouvelles feuilles et de nouvelles pages. « Chacun doit y mettre du sien », étant la teneur général de ces plaidoyers et de ces éditoriaux instructives. L’Europe elle aussi devait changer ! Mais de quelle façon, dans ce contexte cela restait obscur. Il n’y a pas de doute que l’Europe aurait dû changer, mais dans le contexte du militarisme américaine, cette discussion aurait dû tourner autour de ce qu’était la fonction de l’Otan, et du fait d’en faire une responsabilité de l’Europe, et non pas sur la façon de faire la moitié du chemin en direction des États-Unis. Cela ne se produisit pas, et, comme on a pu le voir le mois dernier, toute l’énergie de cette opposition Européenne de 2003 semble en pratique s’être complètement dissipée. 

    Garten Ash est de retour, écrivant dans The Guardian du 1er août 2014, pour y affirmer que « la plupart des nations Européennes ont dormi durant l’Anschluss de la Crimée par Poutine ». Anschluss ? Sommes-nous en train de descendre au niveau des métaphores d’Hitler ? Il n’a pas besoin de beaucoup forcer cette-fois-ci, pas besoin de monter au-dessus des clichés d’un éditorial de cette presse qui soutient la nécessité des sanctions. Il est important de mentionner qu’il n’excuse pas cette fois-ci un possible rôle des États-Unis dans cette crise. On laisse libre cours à la propagande cette année, par la grâce d’une foi transatlantique restauré qui a puisé des forces à la source d’illusion que constitue la présidence d’Obama. Il s’agit de connaissance tacite, qui ne requiert aucune défense spécifique dès lors qu’il s’agit de ce que tous les gens raisonnables considèrent comme raisonnable. 

    L’atlantisme est une affliction qui aveugle l’Europe. Il l’aveugle tellement efficacement que, dans chaque salon où l’on discute des sujets brûlants du moment, on s’applique avec constance à ne jamais remarquer l’éléphant [américain, NdT] pourtant toujours présent. Ce que je lis dans les articles des médias de masse et dans les commentaires relatifs à l’Ukraine ne traite que de Kiev et des « séparatistes », et spécialement des motivations de Poutine. Selon moi, la raison de cette représentation de la réalité tronquée pour moitié est claire : l’atlantisme exige que l’on ne regarde pas de trop près le facteur américain dans les événements du monde, sauf quand il est possible d’interpréter ce facteur dans un sens positif. Si c’est impossible, on l’évite. 

    Une autre raison est l’ignorance simpliste. Aux Pays-bas, trop peu de gens concernés et éduqués semblent avoir perçu la montée et l’influence des néo-cons américains, ou avoir compris que Samantha Powers veut tout bonnement éliminer Poutine. Ils n’ont aucune idée de la façon dont les diverses institutions du gouvernement américain sont liées, ni à quel point elles vivent des vies séparées, sans aucune supervision effective d’une quelconque unité centrale, capable de développer une politique étrangère réaliste et ayant du sens pour les États-Unis eux-mêmes. 

    La propagande réduit tout à des messages aussi simples que des images de bande dessinée. Il n’y a pas de place pour les subtilités, comme par exemple ce qui attend le peuple gouverné par Kiev quand les demandes du Fonds monétaire international auront été mises à exécution. Pensez à la Grèce. La propagande ne laisse aucune place au désir (pas franchement subtil) exprimé à plusieurs reprises par Poutine, selon lequel on devrait avoir une diplomatie, dont le but serait de parvenir à un arrangement fédéral, où l’est et l’ouest de l’Ukraine resteraient dans le même pays, tout en disposant d’un certain niveau de gouvernance propre (quelque chose qui risque de ne plus être acceptable pour l’est, étant donné que Kiev continue à les bombarder). L’imaginaire des bandes dessinées ne permet pas au sale type d’avoir des idées bonnes et raisonnables. Et c’est ainsi que l’idée primordiale de Poutine, la raison principale de son implication dans cette crise, à savoir que l’Ukraine ne peut pas intégrer l’Otan, et bien cette image ne fait pas partie des images proposées. Alors que la seule condition acceptable, plutôt évidente, sur laquelle insiste avec constance chaque président Russe qui désire garder le pouvoir, est une Ukraine non-alignée et neutre. 

    Les instigateurs de la crise ukrainienne interviennent depuis leurs bureaux à Washington. Ils ont conçu un plan consistant à faire basculer l’attitude américaine envers la Russie, en faisant du pays, selon leurs propres termes, un « État paria ». Ils ont guidé les forces anti-russes et d’extrême droite jusqu’au coup d’État de février, les aidant à détourner un mouvement de protestation qui demandait simplement plus de démocratie. L’idée même que la population contrôlée par Kiev vit maintenant dans un environnement plus démocratique est bien sûr grotesque. 

    Des auteurs sérieux spécialistes de la Russie se sont moralement indignés et se sont mis en colère contre les évolutions de la vie en Russie sous Poutine. C’est un sujet différent de celui de la crise ukrainienne, mais leur influence contribue à alimenter beaucoup de propagande. Un bon exemple en est Ben Judah, qui a écrit l’article mentionné plus haut dans le New York Times. Je pense que je comprends leur indignation, et je sympathise jusqu’à un certain point avec eux. Je suis familier avec ce phénomène, car je l’ai observé souvent parmi les journalistes écrivant sur la Crimée, et même sur le Japon. 

    Dans le cas de la Chine et de la Russie, leur indignation est provoquée par une accumulation de choses, ayant à leurs yeux mal tourné à cause des mesures prises par les autorités, qui s’avèrent régressives et qui ne sont pas conformes aux idées libérales. Cette indignation peut engloutir tout le reste. Ca devient un brouillard, au travers duquel les auteurs n’arrivent pas à discerner comment ceux qui détiennent le pouvoir arrivent à faire face aux difficultés. 

    Dans le cas de la Russie, on accorde apparemment peu d’attention au fait que, quand Poutine hérite du gouvernement de la Russie, il hérite d’un État qui ne fonctionne plus comme tel, ce qui nécessite en premier lieu de reconcentrer les pouvoirs. Sous Eltsine, la Russie s’est ruinée économiquement, avec l’aide de nombreux intérêts occidentaux prédateurs et de dévoyés fondamentalistes du marché venant de Harvard. Après avoir aboli le communisme, ils sont séduits par l’idée de faire basculer instantanément le pays vers un capitalisme de style américain, alors qu’il n’existe aucune institution quelconque capable de soutenir un tel projet. Ils privatisent les énormes industries détenues par l’État, sans disposer de secteur privé, or on ne peut pas créer un secteur privé rapidement, à partir de rien, comme l’a montré de façon éclatante l’histoire japonaise. Et ce qu’ils obtiennent est un capitalisme cleptocrate, qui vole les actifs de l’État, et donne naissance à des oligarches notoires. Tout cela détruit pratiquement la classe moyenne russe, jusqu’alors relativement stable, et fait plonger l’espérance de vie des Russes. 

    Bien-sûr que Poutine désire réduire l’influence des ONG étrangères. Elles peuvent faire beaucoup de dégâts, en déstabilisant son gouvernement. Les laboratoires d’idées (think tanks) étrangers ne sont pas là pour penser, mais pour colporter des politiques en phase avec les convictions de leurs investisseurs, lequels, ne voulant pas tirer de leçons des expériences récentes, assument de façon dogmatique que ces convictions sont favorables pour tous, à n’importe quel moment. Cette question appartient au mieux très marginalement à l’histoire ukrainienne présente, mais elle a préparé le terreau intellectuel pour la propagande dominante. 

    Est-ce que ce que je viens de dire me transforme en fan de Putine ? Je ne le connais pas personnellement, et je ne connais pas assez de choses sur lui. Quand j’essaye d’y remédier en me plongeant dans la littérature récente, je ne peux pas me défaire de l’impression que je dois faire mon chemain au travers un grand nombre de diffamations, et je ne vois dans les médias de masse aucune tentative sérieuse de comprendre le but que Putine pourrait bien essayer d’atteindre, mis à part les absurdités sur la restauration d’un Empire russe. Il n’y a pas eu du tout de preuves d’ambitions impérialistes ou le fait qu’il avait ses yeux rivés sur la Crimée avant le coup et avant les ambitions otaniennes des russophobes qui ont pris le pouvoir, mettant en danger la base navale russe. 

    Est-ce que ce que je viens de dire fait de moi un anti-américain ? Être étiqueté ainsi est pratiquement inévitable, je suppose. Je pense que les États-Unis vivent une tragédie apparemment sans fin. Et je suis profondément compatissant envers les Américains concernés, parmi lesquels se trouvent beaucoup de mes amis, qui doivent s’attaquer à ce problème. 

    Karel Van Wolferen
    Traduit par Jefke pour vineyardsaker.fr 

    Source : The insidious Power of Propaganda (vineyardsaker, anglais, 08-09-2014)
    Vu ici

  • Pourquoi aucune photo de l'Ebola ?

     

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    Jim Stone, le journaliste freelance qui n'a peur de rien et dénonce divers scandales, a décidé de se consacrer à cette histoire d'Ebola et de faire la lumière sur les dessous de cette affaire. 

     
    Pourquoi aucune photo de l'Ebola ?

     
    Une sérieuse question me turlupine concernant cette actuelle épidémie – pourquoi aucune photo d'Ebola classique ? Si cette épidémie est réelle et qu'on parle vraiment d'Ebola, elle est si radicalement différente de son type primitif que ce n'est effectivement pas du tout le même virus. Il est clair que ce que nous voyons dans cette épidémie n'est pas l'Ebola habituel. 
     
    Faites une recherche datée sur Google pour l'épidémie d'Ebola. Demandez-lui de ne remonter que des photos du mois précédent ou à peu près. Vous découvrirez qu'il n'y a pas une seule photo d'Ebola pour cette épidémie actuelle, toutes les photos du vrai Ebola proviennent des épidémies passées. C'est vraiment suffisant pour me faire penser que soit il n'y aurait peut-être pas d'épidémie, ou que s'il y en a bien une, ce n'est pas l'Ebola normal comme dans le passé. Si les gens meurent (le dernier chiffre est de 2400), ce n'est pas l'Ebola classique qui est en cause. En tout cas, le taux de mortalité montre aujourd'hui une courbe exponentielle selon l'OMS, s'ils ne racontent pas d'histoires. 
     
    À la lumière de cette absence de photos de cette épidémie, j'aimerais que les gens réfléchissent à ce qui suit. 
     
    On peut imaginer que même en Afrique il existe des téléphones portables, des appareils photos et internet. Pourquoi aucune photo d'Ebola ? En fait, le Liberia et la Sierra Leone sont des pays de langue anglaise, donc toute photo publiée serait classée comme Ebola, en anglais, ce qui permettrait de facilement les trouver dans cette langue. Pourquoi on ne voit NADA ? Même le "Ebola en photos" d'Al Jazeera ne montre absolument rien, s'ils ont vraiment mis en photos quelque chose, tout devrait être là. Au lieu de cela il n'y a RIEN.
     
    Le fait que des quarantaines seraient maintenant en place ne peut justifier l'absence de photos, parce qu'un téléphone portable peut envoyer une photo en dehors de la zone de quarantaine. Le Liberia est presque entièrement équipé de la Wifi, avec 70 % des habitants du Liberia qui possèdent des téléphones cellulaires et il y a là-bas 4 sociétés de téléphones portables. Bien que seulement 7 % des libériens aient internet, les autres peuvent y accéder dans les cyber cafés et il y en a sans doute quelques-uns dans la zone de quarantaine, POURQUOI ALORS AUCUNE PHOTO D'EBOLA ? S'il y a une catastrophe en cours, on peut parier que quelqu'un, même un médecin américain qui y a travaillé aurait pris une photo de l'Ebola avec les symptômes classiques et l'aurait envoyée à l'extérieur. Et la Sierra Leone peut ne pas être bien équipée en termes de communication, mais il y a quand même là-bas plus de 2 millions de téléphones portables. Quelque chose ne tourne pas rond, la réalité sur le terrain ne colle manifestement pas avec ce que disent les médias.
     
    Et il y a un autre souci – c'est que les habitants de la zone Ebola pensent qu'il n'y a pas d'épidémie d'Ebola. [traduction d'un commentaire d'une habitante de la zone déclarée Ebola : "Je pense qu'il n'y a pas dl'Ebola parce qu'aucun membre de ma famille n'est touché. Quand on tombe malade du choléra, ils disent que c'est l'Ebola. Quand la température du corps augmente, ils disent que c'est l'Ebola. Donc honnêtement je ne pense pas que ce soit l'Ebola. Il pourrait y avoir une foule d'autres maladies qui tuent les gens".] On serait porté à croire que si l'Ebola est bien réel, en Afrique, où les gens parlent beaucoup, avec les rumeurs qui se transmettent de bouche à oreille et que presque 70 % de la population possède un téléphone portable au Liberia, un seul cas d'Ebola entraînerait un tel raffut qu'ils n'auraient pas besoin que l'OMS leur dise que quelque chose est en route. Le fait que les gens de là-bas pensent que ce n'est pas réel fait sérieusement dresser l'oreille. 
     
    Et comment peut-on avoir une épidémie aussi importante qui n'a pas de cas confirmés en dehors de la zone critique ? Tout à fait franchement, les histoires de médecins américains qui ont guéri sont des mensonges, parce qu'avec l'Ebola on est lessivé pendant des mois si ce n'est des années car il cause de sérieux dégâts aux organes et les médecins sont déjà dehors à jouer au tennis et au golf. Ils n'ont pas eu d'Ebola.
     
    Donc la question est ensuite, cette épidémie d'Ebola n'est-elle qu'un coup monté pour des vaccinations forcées ?
     
    Je me pose sérieusement la question si en fait ce n'est pas le cas. Les millions de téléphones portables des libériens qui peuvent prendre des photos le suggèrent. Toutes les photos d'Ebola associées à cette épidémie montrent des sacs mortuaires et des salles communes d'hôpitaux avec des gens qui pourraient être là pour n'importe quoi, pas d'yeux et d'oreilles qui saignent, pas de bras avec des éruptions, RIEN n'est montré de cette épidémie, qui si elle était réelle aurait dû être la plus documentée et publiée de toutes. Aucune autre épidémie n'a égalé celle-ci en taille et aucune autre ne s'est produite en présence d'une telle possibilité de documentation. Le manque de preuve photographiques est accablant, il évoque vraiment la possibilité d'un stratagème.
     
    Traduit par Hélios 

    source

  • Vol MH17, les curieuses constatations d'une secouriste.

    9 septembre, 16:47

    Le vol MH17 de Malaysia Airlines rempli de cadavres plastinés ?

    Le vol MH17 de Malaysia Airlines rempli de cadavres plastinés ?

    Par La Voix de la Russie | Un rapport intermédiaire du Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité sur le crash du MH17 a été publié ce mardi 9 septembre à 10 heures, mais n'apporte rien sur les détails concernant les corps car c'est le document final qui devrait en faire cas. Comme l'explique Alain Benajam du comité France-Donbass pendant la conférence de presse donnée à Paris samedi 6 septembre « la Hollande est sous la domination américaine et rien ne sortira ! ».

    Une secouriste ukrainienne arrivée sur le lieu du crash de l'avion de la Malaysia Airlines a apporté un témoignage inédit en expliquant que les corps sentaient la chimie de manière très forte à en brûler les yeux et que les cadavres n'étaient pas des Occidentaux mais surtout des Asiatiques et que la majorité des corps étaient sans vêtement (seuls 20 avaient des habits). Cette odeur de chimie à en brûler les yeux est ce phénomène qu'on ressent en approchant les corps de la plastination, la grosse usine de recyclage de cadavres basé en Allemagne dans la ville de Guben mais aussi en Chine à Dalian avec l'immense filiale de la société allemande. Au delà de Plastinarium, une autre société allemande, Tutogen, commande entre autres, comme le montre un livre de 2008 et un reportage de 2011, ses cadavres en Ukraine par Kiev pour alimenter le marché lucratif mondial en pièces détachées humaines qui passe par l'Allemagne en direction des Etats-Unis.

    Dans les cadavres du crash du MH17, selon le témoignage de la secouriste, il n'y avait pas de sang, « les corps étaient comme s’ils avaient été vidés de leur sang » et ils ressemblaient à des mannequins. Berlin soutient Piotr Porochenko. La CDU a fondé le parti UDAR du maire de Kiev. Les autorités allemandes autorisent le recyclage de cadavres sur son territoire dans la fabrique de Guben et la construction cet automne à Berlin d'un musée de cadavres recyclés. En tenant compte du témoignage de la secouriste, est-ce que les cadavres de l'avion malaisien seraient des produits de la fabrique allemande et le résultat d'une mise en scène macabre sortie des bureaux berlinois et de Washington pour accuser la Russie ?

    La plastination et Tutogen Medical GmbH. Le crash du vol MH17 n'a pas dévoilé tous ses secrets ce 9 septembre mais souligne l'horreur de la guerre en Ukraine et l'abominable commerce des corps au niveau industriel à des fins inavouées. Les deux sociétés Plastinarium et Tutogen sont allemandes. La plastination qui a son siège historique dans la ville de Heidelberg a mis en place un vaste programme de recyclage des cadavres à la chaîne où sous couvert de recherche scientifique, des millions de dollars sont réalisés en quelques semaines. Du grand public, la fabriqueest connue pour transformer des cadavres en œuvres d'art et réaliser des expositions mondiales en Allemagne, au Royaume Uni, en Belgique, en Autriche, en Italie, aux Etats-Unis …, sauf en France où les autorités ont décidé à sonpremier essai en 2009 à Paris de l'interdire pour atteinte à la dignité humaine. Surle site de Tutogen Medical GmbH on lit «Tutogen Medical, dont la maison mère est en Allemagne, est une filiale de RTI Biologics, Inc., une société née en février 2008 de la fusion de Tutogen Medical, Inc. et de Regeneration Technologies, Inc. La société est l'un des principaux fournisseurs au monde de greffons tissulaires stériles à des fins chirurgicales» et « en développant le procédé Tutoplast® dans les années 1970, la société a intégré dans un procédé unique tous les aspects importants associés à la conservation de tissus ». Courrier International a publié en novembre 2009 un article qui dénonce le trafic d'organes prélevés en Ukraine par Tutogen en évoquant la collaboration entre le ministère de la Santé ukrainien et Tutogen. Selon la journaliste allemande Martina Keller, auteur du livre «Ausgeschlachtet. Die menschliche Leiche als Rohstoff » (« Dépecé. Le corps humain comme matière première », publié en 2008), un seul corps, une fois découpé en plusieurs éléments et traité, peut rapporter jusqu’à 250 000 dollars. La télévision allemande a réalisé un reportage sur ce commerce en 2011 et explique que ce trafic continue et que le Land de Bavière n'a rien fait pour l'interdire car Tutogen se trouve à Neunkirchen, en Franconie. Sur le site de Plastinarium on lit que le lancement de la plastination à grande échelle a commencé en 1977. Nous ne pouvons pas encore établir un lien entre les deux sociétés allemandes ni affirmer une implication de leurs activités dans le vol MH17. En tout cas le trafic d'organes et de corps a eu lieu avant la crise en Ukraine, durant les tueries de Maïdan, et ont toujours lieu aujourd'hui en Ukraine, comme le révèle de nouveau la découverte de corps dépecés en Ukraine où des organes manquent. Ces industries de recyclage existent et possèdent les moyens techniques et financiers comme la matière première pour pouvoir participer à la réalisation de la mise en scène macabre du vol MH17. Comme une secouriste insiste sur la présence de formol à très forte dose et de corps en plastique, pourquoi ne pas envisager cette piste, surtout que l'Allemagne ne dit rien sur ces commerces qui ne sont qu'un immense trafic de corps humains et que le premier rapport hollandais ne parle pas de l'état des cadavres ?

    Odeur de chimie et auréole verte. La télévision Anna News a publié le témoignage d'une femme secouriste qui commente les photos du crash du vol MH17. « Je suis arrivée 20 minutes après le crash. Les corps qui gisaient sur la route asphaltée étaient entourés d'une auréole humide. Ce n'était pas du sang. C'est peut être du gras ou un liquide, tout mais pas du sang. Et dans la nuit ces morceaux de corps émettaient une lumière phosphorescente verte. En plus ça sentait incroyablement fort et pas la décomposition comme les précédents témoignages le disent mais ça sentait un produit chimique. C'était impossible de rester à côté du plus gros débris de l'avion. Cela piquait les yeux. Cela sentait le formol, un produit employé pour la conservation des corps » - Dans la fabrique de Guben (Plastination), pour exemple, les ouvriers, souvent des chômeurs en fin de droit obligés par l'Arbeitsagentur d'y travailler sous la menace de perdre leurs allocations, mettent les cadavres dans des cuves et les dépècent. « Les cadavres n'étaient pas dispersés sur la scène de l'accident. La plupart des corps étaient réunis en un tas même si des corps ont été trouvés dans un rayon de 10 kilomètres. Sur le lieu du crash on a trouvé de nombreux oiseaux morts. Sur ces oiseaux on a trouvé du sang frais et sec. Mais parmi les cadavres nous n'avons pas trouvé une seule goutte de sang même dans le cas où les têtes étaient scindées en deux. Quand nous avons travaillé sur le site une femme reporter habituée à plusieurs scènes de crashs d'avion a expliqué que normalement il y a un océan de sang. Durant les premières 30 minutes où je me trouvais sur le lieu de la catastrophe je ne pouvais pas croire que ces corps étaient vrais. Ils étaient comme des mannequins d'un magasin ». En montrant une photo à la journaliste deAnna News, la secouriste dit, « Regardez ici ! Ce corps est totalement abîmé et on ne voit pas de sang ! », et quand la journaliste dit qu'il y avait donc une forte odeur de formol et de décomposition, la secouriste reprend, « non, pas de décomposition, de formol ». Montrant une autre photo la secouriste dit que les corps étaient «comme gonflés, comme en plastique, comme des corps en plastique de couleur jaune ». La secouriste parle de la présence de nombreux documents comme les passeports qui sont restés intacts avec beaucoup de papier et que rien n'a été brûlé. « Il y avait un grand nombre de valises avec des vêtements d'hiver alors que nous étions en été et toutes les photos des appareils photos ou des téléphones portables dataient de l'année 2013 », fait remarquer la secouriste. /N

     

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    source et video de référence (attention images très dures)

     


    Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_09_09/Le-vol-MH17-de-Malaysia-Airlines-rempli-de-cadavres-plastines-2630/

  • La transcendance ripoublicaine.

    Bon, voila le niveau du militant moyen. Il est sincère mais en l'absence d'une vrai information, il se contente de recracher les mots qu'on lui répête à longueur de discours creux. La transcendance républicaine n'est pas destinée aux "profanes".

    J'aime bien le long silence du dernier militant de la vidéo.