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  • Et si la réalité était illusion ou vice et versa ?

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    Mâyâ : l’illusion

    AU DÉPART

    Depuis des temps immémoriaux, diverses philosophies et idéologies véhiculent l’enseignement selon lequel le monde où nous vivons n’est qu’illusion, que le tissu de notre réalité n’est en fait qu’un mirage issu de notre imagination. Dans la philosophie védique, la Mâyâ est l’illusion d’un monde physique que notre conscience considère comme la réalité. De nombreuses philosophies et recherches spirituelles cherchent à « lever le voile » afin d’apercevoir la vérité transcendante. Dans le sikhisme, la Mâyâ – le monde tel qu’on le perçoit normalement – n’est pas plus tangible qu’un rêve. D’ailleurs, lorsque nous nous réveillons le matin d’un rêve si prenant qu’il nous paraissait totalement réel, quelle certitude avons-nous de n’être pas entré dans un autre rêve ? De ne pas simplement nous promener d’un rêve à un autre ? Il y a, en effet, de remarquables similarités entre ce que nous nommons « éveil » et rêve. Le rêve « arrive » sans que nous en ayons le contrôle, les gens et les événements s’imposent à nous et nous devons faire avec. Ceci est tout à fait en concordance avec notre conscience de veille, ce que nous considérons comme réel, tout « arrive », nous ne créons ni ne prédestinons les gens et les événements de notre vie quotidienne. De plus, la similitude au niveau du comportement de notre mémoire est remarquable : nous savons tous comment il peut être difficile de se remémorer le rêve de la nuit dernière tout comme nous avons de la difficulté à nous souvenir de ce que nous avons mangé pour déjeuner deux jours auparavant ou encore comment nous étions vêtus il y a trois jours. Pourtant, dans le rêve comme dans l’éveil, n’avons-nous pas vécu chacun de ces moments avec vive intensité ? La forme et la couleur de chaque objet environnant, chaque note de la musique ambiante, chacune de nos pensées intérieures, chacune de nos sensations corporelles du moment ? Ce que nous appelons « réalité », tout comme le rêve, s’évapore aussitôt vécu, le terme « tangible » devient abstrait, le monde perçu redevient Mâyâ.

    Les Enseignements de la Tradition abondent aussi en ce sens, stipulant que la race humaine vit dans un profond sommeil, dans une sorte de transe hypnotique qui lui fait croire qu’elle est éveillée alors qu’il n’en est rien. On y dit que l’humain n’est pas conscient de lui-même ni de la réalité objective qui l’entoure.

    P.D. Ouspensky nous en parle en ces termes (tiré des 5 conférences de 1934-1940, emphases de Zone-7) :

    En règle générale, l’homme peut connaître quatre états de conscience. Ce sont : le sommeil, l’état de veille, la conscience de soi et la conscience objective.

    Mais, bien qu’il ait la possibilité de vivre ces quatre états de conscience, il ne vit, de fait, que deux d’entre eux : une partie de sa vie se passe dans le sommeil et l’autre dans ce que l’on appelle ‘l’état de veille’, quoique en réalité son état de veille diffère très peu du sommeil.

    […]

    Il est nécessaire ici de comprendre que le premier état de conscience – le sommeil - ne se dissipe pas quand apparaît le second, c’est-à-dire lorsque l’homme s’éveille. Le sommeil demeure présent avec tous ses rêves et ses impressions, s’y ajoute simplement une attitude plus critique envers ses propres impressions, des pensées mieux coordonnées et des actions plus disciplinées. À cause de la vivacité des impressions sensorielles, des désirs et des sentiments – en particulier le sentiment de contradiction ou d’impossibilité, entièrement absents au cours du sommeil – les rêves deviennent alors invisibles, de la même manière que sous l’éclat du soleil, les étoiles et la lune pâlissent. Mais les rêves sont toujours présents et exercent souvent, sur l’ensemble de nos pensées, de nos sentiments et de nos actes, une influence dont la force dépasse même parfois les impressions réelles du moment.

    […]

    Le premier, ai-je dit, est un état purement subjectif. Le second l’est moins; déjà l’homme y distingue le ‘moi’ et le ‘non-moi’, c’est-à-dire son corps et les objets distincts de son corps et il peut, dans une certaine mesure, s’orienter parmi eux et connaître leurs positions et qualités. Mais, dans cet état, on ne peut pas vraiment dire que l’homme soit éveillé, parce qu’il reste fortement influencé par les rêves et qu’en fait il vit davantage dans les rêves que dans la réalité. Toutes les absurdités et contradictions des hommes et de la vie humaine en général s’expliquent lorsque nous réalisons que les gens vivent dans le sommeil, agissent en tout dans le sommeil et pourtant ignorent qu’ils sont endormis. Il est utile de se rappeler que tel est bien le sens intérieur de nombreux enseignements anciens. Celui qui nous est le plus proche est le christianisme ou l’enseignement des évangiles, selon lequel la compréhension de la vie humaine se base sur l’idée que les hommes vivent dans le sommeil et doivent avant tout s’éveiller. Cette idée est très rarement comprise comme elle le devrait, en l’occurrence : au pied de la lettre.

    Rêve, illusion, Mâyâ, conscience relative, sommeil… d’accord. Mais d’où viennent au dormeur les informations concernant son propre sommeil ? Si l’humanité est dans un profond sommeil, comment fait-elle pour s’en apercevoir ? Quelqu’un se serait-il fortuitement réveillé durant un bref moment, tout juste le temps de coucher sur papier une idée, une remarque telle que : Les humains sont endormis. Remarque qui une fois lue par un second individu, le poussant à réfléchir à ce concept, l’aurait accidentellement réveillé quelques instants, tout juste le temps d’ajouter à cette remarque : Oui, c’est vrai, mais le simple fait d’y réfléchir nous réveille un peu. Et qu’ainsi, d’individu en individu, de société en société, de peuple en peuple, la remarque initiale serait devenue message, philosophie, doctrine, voire manuel de l’utilisateur ? Serait-ce donc qu’il existe des outils pratiques qui permettent à l’humain de s’éveiller ? Une sorte de réveille-matin, mais qui aurait la fonction de réveiller l’être humain et non le matin ? Il semblerait bien, car c’est exactement ce que propose l’ensemble des doctrines et philosophies traditionnelles. Du Christianisme au Zen, de la Quatrième Voie au Bouddhisme, du Tao au Soufisme, ce qui peut sembler différentes façons de penser, différentes façons de voir, n’est en réalité qu’une seule et même chose : un doigt pointé vers l’Éveil, une tentative de « guide de l’utilisateur du sommeil ».

    Il faut donc se rendre à l’évidence : si la réalité n’est qu’illusion, l’illusion, elle, est bien réelle ! Et c’est justement ce qui nous permet de la documenter, d’en dresser un plan, une « carte routière » pour ainsi dire et, à défaut d’en trouver immédiatement la sortie, ceci nous permet d’en indiquer tous les sens uniques et les culs-de-sac connus. Ce qui nous donne l’impression qu’il existe nombre de doctrines et de philosophies fondamentalement différentes n’est, à vrai dire, que l’immensité relative de cette « carte routière ». En effet, il existe d’innombrables routes/philosophies, de tailles/nombre de voies différentes, de sens différents et menant à des endroits/états intérieurs très différents. Certains chemins/doctrines ne possèdent aucune station-service et s’y aventurer trop longtemps mène directement à la panne sèche et à un retour, à pied, long et difficile. D’autres conduisent à des villes/événements dont les rues/causes forment un labyrinthe/émotions des plus complexe, il est donc conseillé dans le guide de ne pas s’y aventurer inutilement et, si besoin est, une annexe/méditation aura été ajoutée à cet effet.

    Mais il n’existe que rarement des indications de type « Vous êtes ici », « Bienvenue à PeurVille » ou « Limite du Village de l’Amour, au revoir ». La plupart du temps, les indications de ce type seront erronées puisqu’elles auront été faites par des gens endormis. Et pour ajouter à la complexité du jeu, chacun de nous est né à des endroits différents sur cette immense « carte routière ». Certains, sur une île déserte où ils devront apprendre à nager, et d’autres, qui savent pourtant nager, au coeur d’une ville/labyrinthe où ils devront apprendre à s’orienter s’ils veulent s’en sortir.

    Mais ce « guide de l’utilisateur », cette « carte routière », à quoi ressemble-t-elle ?

    Sans verser dans le cliché « chacun doit construire sa propre carte, elle est différente pour tous et débrouillez-vous avec ça », quoiqu’il contienne indéniablement une part de vérité, je dirais qu’elle ressemble à un casse-tête dont les pièces auraient été semées aux quatre coins de la connaissance humaine, si celle-ci est carrée bien entendu. Chacun des morceaux de cette mosaïque doit être glané, grappillé et butiné à coups de curiosité, de réflexion et d’introspection. Un effort personnel doit être fait afin d’en comprendre chaque partie de même que pour en saisir la totalité. Mais je trouve personnellement que nous vivons à une époque intéressante à ce point de vue, car nombre des pièces de ce casse-tête semblent refaire surface dans différents domaines de la connaissance. J’aimerais émettre un dernier commentaire concernant cette analogie avant de continuer : chaque parcelle de la mosaïque a un double sens et c’est précisément ce qui nous indique que c’est une pièce valide du casse-tête; elle nous démontre clairement que nous vivons dans l’illusion et, de ce fait, de la façon même dont elle nous le prouve, elle nous indique la marche à suivre pour en sortir. Définitivement, comme le disent les soufis, les informations relatives au remède résident à même la maladie.

     

    NOS SENS

    L’étude objective de nos cinq sens nous démontre, sans l’ombre d’un doute, que nous devrions, justement, douter de tout ce que nous percevons. Bien sûr, ils sont essentiels à notre « navigation » sur les eaux troubles et mouvantes de ce que l’on nomme réalité, mais sont-ils adéquatement fonctionnels ? Suffisamment entraînés ? Possèdent-ils l’acuité qu’on leur attribue généralement ? Explorons ce terrain quelque peu.

    • Le toucher devient confus lorsque nous abordons les extrêmes : la morsure du froid devient brûlure et vice-versa. Certaines parties du corps sont moins sensibles que d’autres et il devient alors difficile d’être certains de ce que nous ressentons. Le dos est l’exemple le plus commun, le jeu du « devine ce que je t’écris dans le dos avec mon doigt » en est un exemple classique. Lorsque nous appliquons, sur le dos, les pointes de deux crayons trop près l’une de l’autre (moins de trois centimètres) nous n’en sentons confusément qu’une seule.
    • L’ouïe se laisse facilement berner par les sons similaires. Il nous arrive d’entendre quelqu’un dire quelque chose qui nous fait sursauter, qui nous étonne, mais, après investigation, nous nous rendons rapidement compte que nous avions simplement « mal entendu ». Bien sûr, l’acuité auditive décroît avec l’âge comme, malheureusement, tout le reste, mais je me dois de citer ici la « nouvelle » technologie sonore, de plus en plus utilisée, qui permet aux propriétaires de commerces d’en éloigner les jeunes simplement en émettant un son d’une fréquence assez élevée pour que celui-ci ne soit audible que par un certain groupe d’âge ! D’ailleurs, ce son a rapidement été porté sous le format de sonnerie pour téléphones cellulaires. Les parents et enseignants ignorant ainsi que les enfants et/ou les étudiants reçoivent des appels.

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    • L’odorat, comme certains autres sens, s’accoutume rapidement à sa situation, comme s’il avait été conçu pour n’indiquer que les changements et non la continuité. En effet, l’odeur désagréable d’un endroit ne nous affecte plus après un certain temps et lorsque nous quittons cet endroit, nous trouvons que l’air frais et pur a une de ces odeurs !
    • Le goût est probablement le sens qui est à la fois le plus stable et le moins fiable. Oui, il arrive que nous ayons le « goût dérangé », mais ceci n’est pas lié au concept de l’illusion. Par contre, la fausse association du plaisir pour le palais et la langue et de la valeur nutritive réelle des aliments que nous goûtons donne matière à réflexion. Mangez uniquement ce que vous trouvez réellement bon au goût et vous passerez votre vie entière à ingurgiter du glutamate monosodique et vous pourriez dire au revoir à vos neurones ! L’illusion du « bon » est ici à son comble.
    • Quant à la vue, elle est incontestablement le sens dont la tromperie est la plus documentée. Nous l’avons tous vu et expérimenté avec les illusions d’optique. Je ne m’étendrai pas inutilement sur le sujet, mais laisserai le lecteur découvrir et/ou expérimenter avec ces quelques exemples :

    Donc, d’illusions en mauvais signaux nerveux en passant par l’accoutumance, nous réalisons qu’il semble que nos sens nous trompent joyeusement à presque toutes les occasions possibles. Mais est-ce réellement le cas ? Est-ce réellement nos sens qui ne sont pas bien ajustés à notre monde physique tridimensionnel ? Ou serait-ce en réalité autre chose ? Bien sûr, il est plus aisé pour l’Ego de déclarer que nos sens sont maladroits et/ou mal entraînés et que nous voguons à tâtons dans le monde physique, mais à y regarder de plus près, à bien analyser la situation, nous devons en conclure tout autrement : notre cerveau ne suit pas la danse. Nos yeux ne nous envoient pas d’informations qui stipulent que « la ligne n’est pas droite » ou que « les cercles tournent », ils nous envoient l’image telle quelle est, immobile et bien droite. Nos oreilles ne nous transmettent pas « Sept bicycles à espace » alors qu’en réalité notre interlocuteur a dit : « C’est ici que ça se passe ». C’est notre organe pensif qui interprète, à tort, l’information. Quelque chose se passe de travers au niveau de nos neurones pour ainsi dire, car c’est au niveau du traitement de l’information qu’il y a défaillance et non au niveau de l’information elle-même. L’illusion, la Mâyâ ne réside donc pas à l’extérieur de nous, dans le mauvais fonctionnement de nos capteurs physiques, mais bien à l’intérieur de nous, dans le décodage de l’information reçue. C’est notre interprétation de la réalité qui est fausse. Et Dieu, s’il existe vraiment, sait combien il est facile de nous tromper à ce niveau. Exemplifions encore un peu plus.

    • Un jeu classique, que tous les enfants s’amusent à se faire mutuellement, est le fameux « tes bras passent au travers du sol ». Étendu au sol à plat ventre, les bras droits au-dessus de la tête, face contre terre, la première personne se ferme les yeux et se laisse prendre les mains par la seconde. Celle-ci lève les bras de la première à environ un demi-mètre du sol, maintient cette position une trentaine de secondes et commence à les redescendre tranquillement. La personne couchée par terre, une fois son visage au sol, croit qu’incessamment ses bras et ses mains vont aussi toucher le plancher alors qu’en réalité ils sont encore à plus d’une dizaine de centimètres de celui-ci. La seconde continuant de descendre très tranquillement, la première a la sérieuse impression que ses bras et ses mains passent au travers du sol. Si vous ne l’avez jamais fait, tentez-le, ça vaut le coup.
    • Un autre exemple intéressant : Selon une étude de L’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas un mot n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenìre soeint à la bnnoe pclae. Le rsete puet êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujorus lrie snas porlbème. C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot. La peruve !
    • Nous parlons d’illusion, mais que dire du contrôle ? Ferait-il lui aussi partie de l’illusion ? Restez assis, levez votre pied droit du plancher et faites-lui faire des cercles dans le sens des aiguilles d’une montre. Pendant que vous faites des cercles avec votre pied droit, dessinez le chiffre 6 dans les airs avec votre main droite. Votre pied changera de direction. Si ce n’est pas le cas, tentez de le faire avec le côté gauche. Un contrôle illusoire ?

     

    LA CONNAISSANCE DE SOI

    L’idée initiale selon laquelle, pour la majeure partie des systèmes de pensée philosophique, religieux et ésotériques, la race humaine vit dans une totale illusion, dans la Mâyâ, prend d’ores et déjà une connotation plus terre-à-terre, plus tangible à la suite de cette brève exploration de notre perception erronée du monde extérieur. Nous pouvons sentir qu’il y a là un lien concret, justifiable et démontrable : notre « matière grise », de laquelle, en tant que race, nous sommes si fiers est loin d’être parfaite, une mise au point s’imposerait sérieusement. C’est d’ailleurs ce que nous proposent la plupart de ces enseignements : un réajustement de nos perceptions et de notre contrôle sur nous-mêmes, car nous n’en avons que très sur notre fonctionnement global sinon aucun et pourtant nous nous donnons la tâche de comprendre l’Univers. Peut-être devrions-nous nous comprendre nous-mêmes d’abord ?

    Les enseignements traditionnels utilisent le terme sommeil et transe « hypnotique » pour une raison très simple : nous sommes des êtres hypnotiques, la science et l’art de l’hypnose et de la suggestion mentale le prouvent hors de tout doute. Nous trouvons « confort » et « sécurité » à travers la répétition, à travers nos habitudes quotidiennes, et nous sommes extrêmement malléables et facilement conditionnés via celles-ci: il s’agit de nous répéter une phrase, un mot, un concept suffisamment de fois pour que nous le tenions pour « réel », pour vrai et que nous le propagions à notre tour. Ceci rejoint le concept de mème, unité cognitive échangeable qui se propage, tel un virus, de bouche à oreille, d’écran à haut-parleur et qui véhicule des informations et des concepts. La majorité des opinions publiques sont ainsi formées, par la répétition d’une affirmation de la part des médias, des amis, de la famille, etc., et en peu de temps nous prenons cette affirmation pour une opinion personnelle. Les travaux d’Ivan Pavlov concernant le conditionnement et l’apprentissage par répétition soutenue de stimuli en dit long sur l’aspect « programmable » de l’être humain. Il ne faut pas se leurrer à ce sujet, car il est d’une importance capitale à la compréhension de la situation présente de l’humanité – ainsi que de notre situation personnelle.

    Il va sans dire qu’il y a dans ce concept de conditionnement par répétition la base même de tous nos apprentissages, personnels et collectifs, soit la formation de « connaissances » basées sur la causalité et l’induction empirique. Lorsque nous posons une action, la réaction immédiate de notre environnement – si la même séquence action-réaction se répète à quelques reprises – deviendra une notion enregistrée et sur laquelle nous baserons nos actions futures. L’inverse est tout aussi véridique et encore plus important : à chaque stimulus de notre environnement qui provoque un changement en nous, soit-il émotionnel, physique ou même intellectuel, la répétition de cette action-réaction formera en nous une réaction conditionnée : tout ce qui aura été enregistré par notre cerveau en un court laps de temps précédent l’événement deviendra, dans notre esprit, précurseur et annonciateur des événements à venir. Pensons au chien de Pavlov. La problématique de cette mécanique est double et réside, premièrement, dans le fait qu’elle crée un empirisme comportemental, réactionnel plutôt que libre, et nous place dans une situation très précaire. Individuellement et collectivement nous sommes prompts à la manipulation puisque nos comportements sont prévisibles et aisément programmables. L’analogie du magicien et des moutons de Gurdjieff[1] y prend tout son sens. Deuxièmement, cette dynamique crée en nous l’anticipation constante d’une continuité, donc la formation de jugements fixes, coulés dans le béton, desquels nous ne dérogeons que très rarement. Cette façon de penser est si présente en nous que nous avons l’audace de déclarer des axiomes tels que : L’exception confirme la règle ! Préjugés, fermeture d’esprit, croyances, etc., sont formés par des répétitions idéologiques, issues des médias, de notre entourage immédiat, de notre culture dans son ensemble et de nous-mêmes. Pour ainsi dire, nous créons notre propre illusionNotre mécanique psychique interne crée, entretient et perpétue cette illusion que nous avons de ce qui nous entoure et de nous-mêmes, de ce que nous sommes en réalité.

    Qui plus est, cette dynamique d’apprentissage par répétition, permettant la formation d’idées dogmatiques, fixes et immuables à l’intérieur de notre psyché, permettra aussi, puisque la tolérance est plus économique que la confrontation, des idéologies contradictoires, ce que l’on nomme en psychologie moderne des dissonances cognitives. Il est aisé de comprendre que dès l’enfance, par un mécanisme de survie lié à la dépendance physique, l’enfant adoptera des comportements et des idées qui deviendront ensuite, plus tard dans sa vie, complètement inadéquats. Inadéquats soit, mais ils ne disparaîtront pas pour autant. Ils deviendront conflictuels, mais, encore une fois, comme la tolérance nécessite moins d’énergie à court terme que la confrontation et la déprogrammation, ils ne seront pas modifiés en fonction de leurs mauvaises concordances avec le moment présent, car il sera plus simple et plus économique, provisoirement, d’ajouter un « coussin » d’adaptation entre le mauvais comportement acquis et la situation présente. Une sorte de logique justificative qui permette de raccorder deux réalités divergentes de façon relativement soutenable. Et comme les expériences passées et les mauvais comportements s’accumulent au fil du temps, les coussins deviennent aussi de plus en plus nombreux. De plus, ce qui était à une certaine époque de notre vie un mauvais comportement et un coussin juxtaposés, suite aux répétitions, deviendra un comportement en tant que tel, un peu comme la goutte d’eau au bout du glaçon qui, une fois gelée, devient partie intégrante du glaçon. De cette progression « par défaut » de notre psyché, naissent des comportements, des idéologies et des points de vue qui sont foncièrement contradictoires, mais aussi, à toutes fins pratique, invisibles à nous-mêmes. Il est beaucoup plus aisé de voir ces contradictions chez les autres et nous les jugeons d’ailleurs très sévèrement à cet égard, mais lorsqu’on nous fait remarquer cette même dissonance en nous, nous nous empressons de créer de nouveaux coussins pour nous justifier. Car ce qui était plus économique au départ, la création d’un petit coussin, devient encore beaucoup plus économique une fois que la taille du glaçon/trait psychique a grandi. Ce mécanisme d’idéologies/comportements inadéquats rapiécés de coussins à n’en plus finir crée ce que les enseignements traditionnels nomment les « moi » de la psyché individuelle. L’être humain est perçu/vu comme étant un amalgame hétéroclite de « moi » contradictoires, de petits égos et qui entravent le bon fonctionnement et le possible développement de l’être complet. Oupensky en parle en ces termes :

    Tout d’abord, l’homme doit savoir qu’il n’est pas un; il est multiple. Il ne possède pas un Moi, ou ego, permanent et immuable. Il est sans cesse différent. À un moment donné, il est une personne ; le moment suivant, une autre, puis une troisième, et ainsi de suite, presque sans fin.

    L’illusion de son unité ou de son unicité est produite chez l’homme d’une part par la sensation de son corps physique, d’autre part par son nom, qui dans la plupart des cas ne change pas, et en troisième lieu, par un certain nombre d’habitudes mécaniques implantées en lui par l’éducation ou acquises par imitation. Recevant en permanence les mêmes impressions physiques, s’entendant toujours appeler par le même nom et observant en lui les habitudes et penchants qu’il a toujours connus, il reste persuadé qu’il est en permanence le même.

    En réalité, il n’y a pas d’unité en l’homme et pas de centre de commande unifié, pas de moi ou d’ego permanent.

    Voici un schéma général de l’homme :

    Chaque pensée, chaque sentiment, chaque sensation, chaque désir, chaque attirance ou répulsion constitue un ‘moi’. Ces ‘moi’ ne sont ni coordonnés ni reliés entre eux. Chacun d’eux dépend d’un changement de circonstances extérieures et d’impressions reçues.

    Certains d’entre eux prennent mécaniquement la suite de certains autres ou apparaissent toujours en compagnie de certains autres, mais il n’y a en cela ni ordre ni système.

    [...]

    Chacun de ces ‘moi’, à un moment donné, ne représente qu’une part infime de nos ‘fonctions’, ou ‘cerveau’, ou ‘intelligence’, mais chacun d’entre eux prétend représenter le tout. Lorsqu’un homme dit ‘moi’, on pense qu’il exprime par là la totalité de lui-même, mais en fait – même en croyant être sincère – il ne s’agit que d’une pensée fugitive, d’un état d’âme passager, d’un bref désir. Une heure plus tard, il peut parfaitement l’avoir oublié et, avec la même conviction, affirmer une opinion, un point de vue ou des intérêts inverses. Le pire est que l’homme ne s’en souvient pas. Dans la plupart des cas, il croit au dernier ‘moi’ qui s’est exprimé et cela tant qu’il dure, c’est-à-dire tant qu’un autre ‘moi’, parfois sans lien avec le précédent, n’exprime pas plus fortement son opinion et ses désirs.

    Ces moi/biais/égos, une fois créés dans la psyché, n’ont qu’une tendance : croître. Et plus un biais est de taille, plus il aura d’influence sur notre Personnalité, sur nos idées et sur notre être en général. Et plus ils seront forts, plus ils agiront comme filtre aux nouvelles données en provenance de notre réalité. Un système de croyances se sera formé et installé. D’ores et déjà, n’y entrera pas qui le désire. Et cette tendance à filtrer les nouvelles données ne fait que s’accroître avec le temps, car les égos/glaçons/traits psychiques n’auront fait que grandir.

    S’il en est ainsi pour l’individu, que dire de la culture d’une société ? D’une psyché collective ? Eh bien, encore une fois, la maxime hermétique « Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas » se pointe le bout du nez ici, car puisque chaque être du groupe sera un filtre ambulant, un système de croyances sur deux pattes, la culture partagée d’un groupe précis ne saura être autrement, voire pire. Pire, car elle devra trouver des dénominateurs communs, des terrains d’entente neutres où puisse s’identifier la majorité de ses citoyens. Bien entendu, elle ne réussira pas à en avoir la totalité puisque trop de pensées contradictoires existent et, avec le temps, les structures mêmes d’une société deviendront contradictoires et une certaine forme de dissonance cognitive collective s’y sera installée. Mais il se créera des coussins, comme au niveau individuel,  collectivement cette fois-ci, que l’on nommera Loi, Législations, etc. Et plus le temps avancera, plus il faudra recoussiner à coup de corrections, de réajustements et d’amendements aux lois, car la loi/coussin originale aura pris la forme d’un glaçon/trait culturel pour lequel il faudra à nouveau pallier.

    Alors, l’idée de l’Illusion ultime, de la Mâyâ des enseignements anciens, devient de plus en plus tangible, intelligible et compréhensible. Nous commençons à en percevoir la réelle signification. Il y a bien entendu le fait que nous n’ayons pas les sens requis pour percevoir l’invisible comme les ondes radios, les champs magnétiques, etc., mais aussi, et surtout, que nous passons la grande majorité de notre existence dans un tissu mensonger d’illusions sur nous-mêmes, sur les autres et sur tout ce qui nous entoure.

     

    - Webmestre Zone-7


    [1] Gurdjieff cité par P.D. Ouspensky dans Fragments d’un enseignement inconnu :

    Un conte oriental parle d’un très riche magicien qui avait un bon nombre de moutons. Mais ce magicien était très avare car il ne voulait pas embaucher de bergers, ni ne voulait ériger de barrière autour du pâturage où les moutons paissaient. En conséquence, les moutons vagabondaient souvent dans la forêt, tombaient dans des ravins et ainsi de suite, mais surtout ils s’enfuyaient, parce qu’ils savaient que le magicien voulait leur chair et leur peau, et ils n’aimaient pas cela.

    Alors le magicien trouva un remède. Il hypnotisa ses moutons et leur suggéra tout d’abord qu’ils étaient immortels et qu’il ne leur serait fait aucun mal lorsqu’on les écorcherait, qu’au contraire, cela leur ferait beaucoup de bien et serait très agréable ; deuxièmement il leur suggéra qu’il était un bon maître qui aimait ses troupeaux tellement qu’il était prêt à faire tout pour eux ; et, en troisième lieu, il leur suggéra que si quoi que ce soit devait arriver, cela n’arriverait pas tout de suite et sûrement pas dans la journée, donc ils n’avaient pas besoin d’y penser. Au-delà de cela, le magicien suggéra à ses moutons qu’ils n’étaient pas du tout des moutons ; il suggéra à certains d’entre eux qu’ils étaient des lions, à d’autres qu’ils étaient des aigles, à d’autres qu’ils étaient des hommes et à d’autres qu’il étaient même des magiciens.

    Ainsi tous ses soucis et inquiétudes à propos des moutons prirent fin. Ils ne s’enfuirent plus jamais et attendirent calmement le moment où il aurait besoin de leur chair et de leurs peaux.

  • Le MES… le Mécanisme Européen de Stabilité ou le totalitarisme en route

    Le MES… le Mécanisme Européen de Stabilité ou le totalitarisme en route


    20 oct

    Plusieurs commentaires ont déjà évoqué le MES ou Mécanisme Européen de Stabilité. Plusieurs lecteurs nous ont demandé de publier un court document sur le blog afin de renseigner… Personnellement, 2013 c’est loin ! Beaucoup d’eau va couler sous les ponts d’ici là.

    Rudo de Ruijter (chercheur indépendant) – Un nouveau traité européen, dont quasiment personne n’a entendu parler? Effectivement. C’est un traité qui concerne tous les pays de la zone euro. Et ce n’est pas par hasard, que dans la plupart des pays concernés aucune information ne circule sur ce traité. C’est qu’il est très dangereux pour les citoyens! Vous n’étiez pas censé de l’apprendre avant que les choses soient définitives.

    Ce traité établit une nouvelle administration européenne, appelée Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ne le confondez pas avec ses prédécesseurs, les fonds de secours européens MESF et FSFE, dont on entend beaucoup parler dans les journaux télévisés ces jours-ci!!! La FSFE a le compteur à 440 milliards d’euros pour le moment. C’est 1320 euro par euro-citoyen.

    Le MES remplacera ces deux-là et aura autorité de vider les Caisses d’État quand elle veut et aussi souvent qu’elle veut. Le MES sera sans limite! Le Conseil du MES sera composé des 17 Ministres de Finances, qui en deviendront les Gouverneurs. C’est eux qui prendront les décisions. Les parlements nationaux n’auront rien à dire sur ce MES, ni sur ses Gouverneurs, qui bénéficieront d’une immunité à l’extrême (comme d’ailleurs tous les gens qui y travailleront.)

    Jusqu’à ce jour Bruxelles n’a rendu public qu’unseulexemplaire du traité. En anglais! (96,5% de la population de la zone euro parlent d’autres langues!)

    TREATY ESTABLISHING THE EUROPEAN STABILITYMECHANISM (ESM)

    http://consilium.europa.eu/media/1216793/esm%20treaty%20en.pdf

    Il a été signé le 11 juillet 2011. Curieusement, aucun journal Français ou international n’y a consacré un titre. Le traité deviendra définitif après ratification par les parlements nationaux. Habituellement de telles ratifications sont une simple formalité. Il est peu probable que les parlementaires aient déjà compris que le texte signifie la fin du pouvoir suprême du parlement, celui de décider du budget. Et lorsque les Caisses seront vides, nous aussi on devra se serrer la ceinture de plus en plus pour sauver l’euro et les banques.

    Bruxelles veut que les Parlements de la zone euro donnent leur accord avant le 31 décembre 2011.

    Si l’on agit vite, on peut encore alerter l’opinion publique et tenter d’empêcher cette ratification.

    Voir aussi : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27073

  • Golfe du Mexique, les empoisonneurs sévissent toujours.



    On a affirmé que le puits MC 252 de BP avait été bouché le 15 juillet 2010.

    Des membres d’EcoRigs ont pourtant trouvé en surface du pétrole brut provenant du puits en septembre 2010, avril 2011 et août 2011. Cette vidéo a été  enregistrée récemment (août 2011) à 190 km et à 341 degrés Nord du puits DeepWater Horizon MC 252. Pour la première fois dans l’Histoire, le dispersant Corexit est appliqué sur une fuite située sur la tête du puits, à 1500 m de profondeur.
    Le but est d’empêcher le pétrole de remonter à la surface. Le Corexit décompose le brut en petites particules en l’émulsifiant sous forme de gouttelettes ayant une densité spéciale, supérieure à celle de l’eau de mer, de façon à faire couler le brut.
    Le pétrole fuit donc toujours au fond du Golfe, comme LIESI l’avait indiqué il y a déjà un an. Comme la tête du puits a explosé, le pétrole continuera encore de fuir pendant des années. Il semble également que l’énorme pression mise sur le fond marin ait fissuré celui-ci, laissant s’échapper le brut de façon totalement incontrôlable. BP a donc choisi de couler le brut au fond en employant un flot massif et continu de Corexit au fond du Golfe (voir http://www.youtube.com/watch?v=zhbCu8ybVno).
     
    Et pourtant, les Américains continuent de se baigner et de pêcher dans ces eaux empoisonnées…
     
  • Ne voyez vous pas que ceux qui nous dirigent sont des monstres ?Message de Fukushima aux amis français .

    C'est quoi un monstre ?

    Pensez vous encore que c'est un personnage horrible, aux dents pointues et à l'haleine fétide ?

    Pensez vous que le monstre grogne en avalant de la chair humaine à chaque petit déjeuner ?

    Pensez vous que le monstre a des doigts crochus et des yeux injectés de sang ?

    Non, non. Le monstre sent le parfum de marque, ses ongles sont manucurés, il se dit éduqué, il ne jure pas et il a généralement plein de diplômes des universités les plus cotées, américaines souvent.

    Le monstre est rationnel et il prétend maîtriser la matière et les techniques, c'est un expert.

    Le monstre aime s'éxhiber en costume cravate et prétendre vouloir promouvoir les progrés de l'humanité.

    Le monstre c'est celui que vous voyez quand tout va mal et qui vous propose la solution du problème qu'il a créé......

    Regardez, il est là !




    Message de Fukushima aux amis français

     

     
    On en parle trop peu alors que la catastrophe est d’une ampleur sans précédent, Fukushima n’est pas du passé mais une page horrifique de l’histoire qui s’écrit chaque jour.

    Les meilleures informations viennent généralement des témoignages comme celui d’Alex dont nous n’avons plus de nouvelles, en voici un autre, tout aussi inquiétant, celui de Yuko Nishiyama.

    Ce message a été écrit par Yuko NISHIYAMA. Il m’a été transmis à l’occasion de la journée de manifestations antinucléaires du 15 octobre 2011.



    « Je me suis enfuie de Fukushima, ma ville de naissance, avec ma fille et mes parents en laissant mon mari là-bas. D’abord, nous avons été à Tokyo, maintenant nous sommes à Kyoto. Notre famille est obligée de vivre séparément. On a perdu notre région, on ne sait même pas quand l’accident se terminera…
    Après l’accident, l’Etat japonais, le préfet de Fukushima et le maire de la ville de Fukushima ne nous ont pas informés de ce qui se passait réellement.
    Ils n’ont même pas procédé à une évacuation correcte, ils ne nous ont pas du tout protégés.
    Donc, nous avons été obligés de nous sauver par nous-mêmes, avec notre propre jugement de la situation.

    Des points chauds se sont créés un peu partout dans la ville.
    Les enfants ne peuvent pas partir de Fukushima et ils portent un masque quand ils sortent dehors.
    Il leur est interdit de faire du sport, ils vivent avec beaucoup de limitations, sans la liberté que l’on offre aux enfants habituellement.

    Notre pays a reçu 770,000,000,000,000,000 Bq de radioactivité, mais le gouvernement fait vivre toute la population comme avant. Ils nous font croire que toutes les normes sont sécurisées. Même si les normes ont été augmentées, même pour les enfants.
    Après le 11 mars, Fukushima, le Japon et le monde ont totalement changé.
    La radioactivité s’est échappée de la centrale nucléaire ; la priorité économique a sali le monde entier.

    Qui a décidé que le nucléaire était très sûr ?
    Une centrale nucléaire est aussi une grosse machine. Des fois ça peut casser.
    Mais, quand ca casse, on ne peut plus revenir en arrière.
    L’accident de Fukushima est arrivé à cause du tsunami et du tremblement de terre, mais ils ont fait marcher cette énorme machine nucléaire qui ne résiste pas aux tremblements de terre, au grand pays des tremblements de terre qu’est le Japon. Donc, dans ce sens-là, c’est une catastrophe, un désastre  totalement artificiel.

    On ne peut plus vivre dans la région où on est né.
    On ne peut plus manger en étant sûr de ce que l’on mange.
    Il faut vivre tout le temps avec une inquiétude pour sa santé.
    Tout ça est le résultat du choix de l’énergie nucléaire.

    J’ai entendu dire que la France est pro-nucleaire. L’énergie nucléaire a l’air d’être moins chère par rapport à d’autres solutions.
    Mais, quand un accident se produit, c’est très cher et dangereux, et quand on voit le problème des déchets…

    Plus jamais Fukushima !
    Je ne veux pas que vous subissiez la même expérience que nous, car c’est une grande tristesse, de la souffrance et du chagrin…
    Arrêtez les centrales nucléaires ! Maintenant !

    Et puis, face à cette infâme destinée pour les enfants de Fukushima, face à ce  spécialiste qui nous explique que jusqu’à100 mSv/an c’est sans danger pour notre santé, et aussi face à ce préfet qui l’a invité… secourez-nous !
    S’il vous plait….ONEGAI-SHIMASU

    Yuko NISHIYAMA »

    (Traduction française : Yumiko)
    Source: fukushima.over-blog.fr
    http://lesmoutonsenrages.fr/ - Par Benji
  • Sarko et Devos......A voir....

  • Se nourrir.

    Ce que dit cet homme, dans un langage accessible, me semble important.

    Je fais un copier/coller du lien et vous laisse en juger.

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    La nourriture est un sujet délicat pour moi, juste quelques pistes :)


    'Comment je crée ma vie,
    je me sers des événements à l'infini,
    je les absorbe, les savoure, les mange,
    m'en gave sans fin (faim),
    je digère, j'apprends, m'en nourris,
    parfois les vomis,
    je rends à la terre ce que je n'ai pu intégrer,
    et grandis de ce que j'ai digéré.'


    Tout le ventre et le cycle de digestion est lié à l'émotionnel et à notre manière de 'vivre' notre vie.

    Nous créons des évnements inconsciemment, nous les vivons, nous les intégrons , nous en rejetons une partie et à la fin nous avons grandi (en conscience).
    Nous faisons des plats, les savourons ou non, nous les digérons, ils nourissent notre corps ou non, parfois nous alourdissent, nous rendons à la terre la partie non digérée et nous avons non seulement nourri notre
    vie ici, mais également permis à ce corps d'évoluer.


    Se sert-on des plats qui nous conviennent ou non?
    Arrive t-on à les digérer ?

    Veut-on les conserver au point de devenir énorme ?
    Veut-on disparaitre et ne rien laisser s'amasser sur nous, au point de cesser d'exister et de s'étioler?

    Les plats que je mange me nourrissent ils, ou bien est ce que je me gave de choses qui ne me nourrissent pas en fin de compte ? Est ce que j'accepte de manger le plat que je me suis préparé, ou bien est ce que je le fuis ?


    Queqlues pistes:

    - si ce qu'on mange est adapté, seules quelques bouchées suffisent à nous nourrir.
    Si on se gave c'est que la nourriture que nous mangeons ne nous convient pas !

    - Si notre activité est adaptée, elle nous nourrit sans avoir besoin de 'remplir' toute notre journée.
    Si elle ne l'est pas, on peut arriver à se 'gaver' d'activités sans cesse, et pourtant être toujours vide à la fin (faim) de la journée..

    - Le parallèle entre la manière de vivre et de se nourrir est total.
    Notre société composés d'obèses dans les pays civilisés qui se gavent de choses inadaptées pour eux toute la journée (travail, société de consommation) qui ne les nourrissent pas, les font grossir mais les laissent vides..
    Notre société composés de rachitiques dans certains pays, qui ne trouvent rien pour se nourrir, s'étiolent, disparaissent et meurent, simplement parce que ce qu'on leur propose ne peut pas les faire grandir..

    Trouver le plat qui nous convient et nous nourrit et on n'aura pas besoin de 'gaver' sa journée pour exister et grandir..

  • Nabucco et la révolte des bobos, très joli moment !

     

     source

    À la 7e minute: Encouragé à bisser le célèbre chœur Va pensiero, Riccardo Muti prend la défense du budget de la Culture italien menacé de coupes sombres... Il invite les spectateurs du Teatro dell'Opera di Roma à entonner l'air patriotique avec les choristes présents sur scène.


    Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

     Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui  dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit -était opprimé par  l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

     Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

     Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu,  d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…
      
     Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant « VaPensiero », j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le « Va Pensiero » allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

     Alors que le Choeur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! »Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

     Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va Pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

     Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

     [Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]
     Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais... [Applaudissements]
     Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait "O mon pays, beau et perdu",j' ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".
     Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
     Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant comme nous sommes dans
     notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

     C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Choeur des esclaves.

    « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment  magique dans l’opéra. »

     « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »
  • Le marcheur au milieu des ruines.

    Texte personnel du 25 septembre 2011 .

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    Chemins oubliés,

     

    Tant de ruines parsèment notre terre, tant de murs et de rues vidées,

    Tant de temples désenchantés et tellement de tombes désertées, muettes

    Tant de fresques jadis colorées et de peintures défraichies écaillées et désuètes.

    Il y a tant de haines oubliées, de guerres inutiles et de souffrances étouffées.

     

    Et il y a moi qui regarde et ne sait que penser de toutes ses certitudes proclamées.

    Et il y a moi qui écrit ce texte aussi inutile et stupide que le chant des oiseaux à l'aube,

    aussi vain que les prières des martyrs d'hier et de ceux de demain écrasés par l'armée,

    l'armée des ombres de la mort et des puissances infernales se vautrant sur le globe.

     

    Rien ne restera de ces malheurs que le rire d'un enfant n'éloignera de moi, de nous.

    Rien ne sera noir à jamais tant que mes yeux pourront observer ton sourire éclatant,

    Aucun démons n'aura la force de briser l'amour qui nous uni maintenant, maintenant.

    Et même si demain marque la fin, le moment est éternel, gravé à jamais dans le tout.

     

    Le crépuscule est proche, j'observe les ombres grandissantes dévorant mes souvenirs,

    Beaucoup sont morts et disparus à jamais, vivant surement parmi les âmes défuntes.

    Je chéris ceux qui restent et m'accompagnent fidèlement dans ce voyage sans plainte.

    Je suis le marcheur au milieu des ruines m'appuyant sur les murs oubliés, certain d'y revenir.

  • Grèce, la réalité de l'Europe...

    Grèce

    On va droit au “génocide financier”

    22 septembre 2011
    Vienne
    Thessalonique, le 16 septembre. Un homme tente de s'immoler par le feu pour protester contre le gouvernement, les banques et les partis politiques.

    Thessalonique, le 16 septembre. Un homme tente de s'immoler par le feu pour protester contre le gouvernement, les banques et les partis politiques.

    Ainsi les Grecs “refusent d’économiser” ? Un juriste de Vienne, qui a un pied-à-terre à Athènes, les a observés au quotidien. Sa conclusion : ils économisent à en crever.

    On ne peut rester sans réagir aux diverses déclarations des plus hauts responsables de toute l’Europe, certaines frisant l’imbécillité, au sujet de ces "fainéants" de Grecs qui "refusent d’économiser".

    Depuis 16 mois, je dispose d’une résidence secondaire à Athènes, et j’ai vécu cette situation dramatique sur place. On se plaint que les plans d’économie ne fonctionnent pas parce que les revenus fiscaux chutent. On remet en question la volonté des Grecs d’économiser. Quelle surprise ! Voici quelques faits :

    - Réductions des salaires et des retraites jusqu’à 30%.

    - Baisse du salaire minimum à 600 euros.

    - Hausse des prix dramatique (fioul domestique + 100% ; essence + 100, électricité, chauffage, gaz, transports publics + 50 %) au cours des 15 derniers mois.

    Le renflouement de l'UE repart à 97% vers l'Union

    - Un tiers des 165 000 entreprises commerciales ont fermé leurs portes, un tiers n’est plus en mesure de payer les salaires. Partout à Athènes, on peut voir ces panneaux jaunes avec le mot "Enoikiazetai" en lettres rouges – "A louer".

    - Dans cette atmosphère de misère, la consommation (l’économie grecque a toujours été fortement axée sur la consommation) a plongée de manière catastrophique. Les couples à double salaire (dont le revenu familial représentait jusqu’alors 4 000 euros) n’ont soudain plus que deux fois 400 euros d’allocations chômage, qui ne commencent à être versées qu’avec des mois de retard.

    - Les employés de l’Etat ou d’entreprises proches de l’Etat, comme Olympic Airlines ou les hôpitaux, ne sont plus payés depuis des mois et le versement de leur traitement est repoussé à octobre ou à "l’année prochaine". C’est le ministère de la Culture qui détient le record. De nombreux employés qui travaillaient sur l’Acropole ne sont plus payés depuis 22 mois. Quand ils ont occupé l’Acropole pour manifestation (pacifiquement !), ils en ont rapidement eu pour leur argent, à coups de gaz lacrymogène.

    - Tout le monde s’accorde à dire que les milliards des tranches du renflouement de l’UE repartent à 97% directement vers l’Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt. Ainsi le problème est-il discrètement rejeté sur les contribuables européens. Jusqu’au crash, les banques encaissent encore des intérêts copieux, et les créances sont à la charge des contribuables. Il n’y a donc pas (encore ?) d’argent pour les réformes structurelles.

    - Des milliers et des milliers d’auto-entrepreneurs, chauffeurs de taxis et de poids lourds, ont dû débourser des milliers d’euros pour leur licence, et ont pris des crédits à cet effet, mais ils se voient aujourd’hui confrontés à une libéralisation qui fait que les nouveaux venus sur le marché n’ont presque rien à payer, tandis que ceux qui sont présents depuis plus longtemps sont grevés par leurs énormes crédits, qu’ils doivent néanmoins rembourser.

    - On invente de nouvelles charges. Ainsi, pour déposer une plainte à la police, il faut payer sur le champ 150 euros. La victime doit sortir son porte-monnaie si elle veut que sa plainte soit prise en compte. Dans le même temps, les policiers sont obligés de se cotiser pour faire le plein de leurs voitures de patrouille.

    - Un nouvel impôt foncier, associé à la facture d’électricité, a été créé. S’il n’est pas payé, l’électricité du foyer est coupée.

    - Cela fait plusieurs mois que les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours. On ignore complètement comment les écoles – surtout celles du Nord – vont régler leurs dépenses de chauffage.

    Où est passé l'argent des dernières décennies ? 

    - Toutes les universités sont de fait paralysées jusqu’à la fin de l’année. Bon nombre d’étudiants ne peuvent ni déposer leurs mémoires ni passer leurs examens.

    - Le pays se prépare à une vague d’émigration massive et l’on voit apparaître des cabinets de conseil sur la question. Les jeunes ne se voient plus aucun avenir en Grèce. Le taux de chômage atteint 40% chez les jeunes diplômés et 30 % chez les jeunes en général. Ceux qui travaillent le font pour un salaire de misère et en partie au noir (sans sécurité sociale) : 35 euros pour dix heures de travail par jour dans la restauration. Les heures supplémentaires s’accumulent sans être payées. Résultat : il ne reste plus rien pour les investissements d’avenir comme l’éducation. Le gouvernement grec ne reçoit plus un sou d’impôt.

    - Les réductions massives d’effectif dans la fonction publique sont faites de manière antisociale. On s’est essentiellement débarrassé de personnes quelques mois avant qu’elles n’atteignent leur quota pour la retraite, afin de ne leur verser que 60 % d’une pension normale.

    La question est sur toutes les lèvres : où est passé l’argent des dernières décennies ? De toute évidence, pas dans les poches des citoyens. Les Grecs n’ont rien contre l’épargne, ils n’en peuvent tout simplement plus. Ceux qui travaillent se tuent à la tâche (cumul de deux, trois, quatre emplois).

    Tous les acquis sociaux des dernières décennies sur la protection des travailleurs ont été pulvérisés. L’exploitation a désormais le champ libre ; dans les petites entreprises, c’est généralement une question de survie.

    Quand on sait que les responsables grecs ont dîné avec les représentants de la troïka [Commission européenne, BCE et FMI] pour 300 euros par personne, on ne peut que se demander quand la situation finira par exploser.

    La situation en Grèce devrait alerter la vieille Europe. Aucun parti prônant une raisonable orthodoxie budgétaire n’aurait été en mesure d’appliquer son programme : il n’aurait jamais été élu. Il faut s’attaquer à la dette tant qu’elle est encore relativement sous contrôle et avant qu’elle ne s’apparente à un génocide financier.

    Vu d’Athènes

    Les Grecs “sacrifiés sur l’auteul de la Troïka”

    Les Grecs “sacrifiés sur l’auteul de la Troïka”

    Les "nouveaux sacrifices" réclamés par le gouvernement pour éviter la faillite de l'Etat frappent "les victimes habituelles", "sacrifiées sur l’autel de la Troïka" (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI), écrit Ta Nea. Le nouvelles coupes budgétaires, adoptées le 21 septembre pour obtenir le débloquage de la sixième tranche d’aide financière des trois institutions, visent "les retraites, les salaires et 30 000 fonctionnaires". Ces derniers seront placés en chômage technique d’ici la fin de l’année. De plus, le seuil minimal d’imposition a été baissé. L’annonce de ce nouveau plan a provoqué la colère des Grecs. Les syndicats des transports publics et les taxis se sont mis en grève le 22 septembre, de même que les enseignants et les employés municipaux et les contrôleurs aériens. Le secteur public dans son ensemble a annoncé un arrêt de travail le 5 octobre. Une grève générale devrait être organisée le 19 octobre.