samedi, 25 juillet 2009
BRUME...
Je lève les yeux et les mains dans un très lent mouvement comme pour toucher le ciel,
Au loin la brume est transpercée par les lances scintillantes dardées par le soleil levant.
L'air est fais, humide et odorant de la rosée de cette courte nuit de printemps.
Je sens mon corps engourdi se réchauffer mollement et je m'éloigne doucement du convois,
Mon treillis exhale des odeurs d'essence et de poussières, je chemine le long de cette petite route cévenole,
remontant vers le sommet de cette colline qui s'éveille, cherchant un point de vue.
Le petit bois qui s'étend sur ma droite est parsemé d'écharpes cotonneuse et l'on peut y deviner des parties de clôtures barbelées constituée de gros poteaux en bois mal dégrossis qui soutiennent des lambeaux de fil de fer rouillée.
Au sommet de la colline et à travers une ligne d'arbres bordant la route je devine les formes vagues d'un relief tourmenté et le faîtage d'une grosse ferme abandonnée; l'humidité traverse ma parka, tout est trempé dans ce paysage vaporeux, magique et majestueux.
Ce panorama est comme le reflet de notre réalité, il se dévoile partiellement et seule l'imagination permet d'en deviner les contours cachés sous la brume qui disparaîtra quand le soleil brillera à son zénith.
Les autres dorment encore après une nuit de manœuvres, il n'y a que des conducteurs. Ceux des Jeep sont les plus mal installés, peu protégés de la pluie et du froid alors que j'ai la chance de piloter un colonel et que mon 4x4 m'offre un abris plus confortable, maigre consolation dans cette période militaire que je déteste.
Cette courte ballade cévenole est un des rares souvenirs que j'ai conservé de cette époque, déjà lointaine.
De ce petit coin de nature au petit matin se dégageait des sensations contradictoires nées des jeux de l'ombre et de la lumière et de la nostalgie qui émane d'un endroit déserté par ses habitants et devenu le terrain de jeux des militaires.
Voilà.
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Commentaires
#Je rajouterais "le terrain de jeux de ces cons de militaires" mais ce serait dommage...c'est si bien écrit...
Ecrit par : Bleu | samedi, 25 juillet 2009
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