« CORRUPTION BIEN DE CHEZ NOUS 2 La Nivaquine. | Page d'accueil | UNE VERANDA. »

lundi, 09 juin 2008

CORRUPTION BIEN DE CHEZ NOUS 3. La femme du corrupteur.

Interview du corrupteur, Michel, et découverte de sa femme par qui tout est arrivé.

(Septembre 2003)   : " J'ai financé les municipales de 1983 de la ville de P. "

Pour la première fois, Michel, chef d'entreprise, incarcéré pendant quatre mois dans l'affaire P., s'explique sur ses relations avec l'actuel secrétaire XXXX de la Justice.

MICHEL  a décidé de rompre le silence. Ce chef d'entreprise, dénoncé par sa femme, est soupçonné d'avoir versé des pots-de-vin à trois élus des Yvelines, dont P, l'actuel secrétaire d'Etat xx de la Justice. S'il se défend d'avoir versé des espèces, Michel reconnaît ici que P, alors maire de M., avait bien conseillé aux services municipaux de choisir " à prix et qualité égales " son entreprise. 

Michel admet également avoir " participé au financement de la campagne des municipales de 1983 à P. ". Enfin, il revient sur son divorce, met en cause sa femme et admet pour la première fois " un deal " avec G., premier adjoint de P., concernant un appartement à Marrakech.

Vous sortez de quatre mois de détention, comment cela s'est--il passé ?

Michel . J'étais à Fleury-Mérogis. Les autres détenus disent que c'est la pire des prisons. C'est effectivement le Moyen Age. Cet été, en pleine canicule, nous n'avions même plus d'eau minérale. L'eau était en rupture de stock ! Les gens sont jeunes en prison, c'est pour cela qu'ils tiennent. Avec mes 70 ans, je faisais partie des plus vieux.

" Quelqu'un de bien informé me dit : "Ta femme sort de chez le procureur et elle vient de te balancer ainsi que trois élus !" "

Comment débute votre affaire ?

Pendant vingt-quatre ans, j'ai été marié à Al., une femme d'origine indienne de vingt-et-un ans ma cadette. Et puis en 1998, lors d'un voyage, j'ai découvert qu'elle me trompait avec mon meilleur ami. Au retour, j'ai demandé le divorce. Ensuite pendant deux ans, nous avons cohabité à la maison et au travail, puisqu'elle était toujours directrice des achats de ma société. C'est dire si je lui ai toujours fait confiance, aucun chèque ne sortait sans son aval ! Financièrement, avec elle, j'ai toujours été correct. Nous étions mariés sous le régime de la séparation, mais j'avais acheté à son nom une maison en Inde et une autre dans la région de Chamonix. Tout cela pour un montant d'environ 4 MF. Ces biens devaient lui rester, sans parler de la pension. J'ai donc pensé que le divorce se passerait bien. C'est mon meilleur ami qui m'a mis en garde. Il m'a dit : " Michel, attention, ce n'est pas après ton argent qu'elle en a, c'est après toi. Elle te détruira. " C'est ce qu'elle a fait. Pendant deux ans, au bureau, elle a fait des photocopies.

Quand avez--vous été prévenu du volet judiciaire ?

En juin 2002, quelqu'un de bien informé m'appelle et me dit : " Ta femme sort de chez le procureur et elle vient de te balancer ainsi que trois élus ! " Selon cette personne, le procureur a dit à ma femme qu'il ne pouvait rien faire sans écrit. J'ai appelé Pierre Bédier et je me souviens de sa réaction : " On fera face. Nous n'avons rien à nous reprocher. " Aloka a ensuite envoyé un texte au parquet.

Depuis quand connaissiez--vous ces trois élus, J., maire UMP de P., son adjoint G. et P. ?

De décembre 1969 jusqu'en 1995, ma société Lavetou sa avait en charge tout le nettoyage du groupe Peugeot, dont j'ai connu tous les grands dirigeants. J'ai eu jusqu'à 17 000 employés sous mes ordres... Peugeot, comme chacun le sait, a une grosse usine à P. Au début des années 1980, le RPR s'est intéressé à cette municipalité qui était tenue par les communistes. Peugeot ne voyait pas le changement d'un mauvais oeil. C'est moi qui ai servi d'interface entre Peugeot et l'équipe de J. qui était dans l'opposition. En 1983, quand le RPR a pris la mairie, j'ai participé au financement de toute sa campagne. A l'époque, c'était légal. Dans la foulée, j'ai obtenu les marchés de nettoyage de P. et personne n'a trouvé cela anormal parce que le travail a toujours été bien fait. Je tutoie Masdeu et je suis devenu ami de son premier adjoint, G..

Et P. ?

J'ai connu P. à ce moment-là, en 1981. C'était un jeunot, il était le responsable de la section RPR de Poissy. Il venait de finir ses études et tirait le diable par la queue dans une compagnie d'assurances. Entre lui et moi, le courant est passé tout de suite. J'aime son dynamisme et je crois avoir été son père spirituel. S'il n'avait pas fait de politique, j'aurais voulu en faire mon successeur. Mais son truc, c'est la politique... Il y a 20 ans, je lui avais dit " Toi mon, vieux, tu seras ministre un jour ! "

" Quand P. est devenu maire, je lui ai demandé de me mettre sur la liste du panel des fournisseurs de la ville "

Vous avez été associé dans une agence de communication...

C'est moi qui ai eu l'idée de créer la société blablaDP SA. D pour (initial de son nom) et B pour (initiale du nom de P.) P. n'avait pas un sou pour constituer le capital et je lui ai même offert 25 % des parts. J'ai amené Peugeot comme client, mais c'est lui qui a donné de l'ampleur à l'agence. J'ai ensuite voulu y faire travailler mes deux filles, dont celle qui travaillait à TF 1, mais cela a fait peur à Pierre. Il m'a alors demandé de lui vendre mes parts pour devenir son seul patron... Ce que j'ai fait bien volontiers. Il n'a eu aucun problème pour me payer.

Il est devenu maire de M et vous avez obtenu le marché de nettoyage. Les policiers disent que cela a coûté 1 MF de plus qu'avant...

Quand P. est devenu maire, je lui ai demandé de me mettre sur la liste du panel des fournisseurs de la ville. Cela n'a pas posé de problème. J'ai ensuite fait une offre normale. Il aurait été stupide de tricher alors que tout le monde savait que j'étais l'ami de P.. Le million supplémentaire s'explique par l'augmentation de la surface à nettoyer. D'ailleurs, mon avocat, M e O. Sur, demande une expertise qui sera confiée à un économiste pour déterminer si mon offre était trop chère ou non. Lors de l'appel d'offres, Pierre avait simplement dit à ses services : " A prix et qualité égales, choisissez Michel ". Mais la question ne s'est pas posée puisque nous avons été les moins-disants.

Quatre personnes vous accusent d'avoir remis des espèces à P. Vous niez.

P. n'aurait jamais accepté d'argent de ma part. Sur ces quatre personnes, il y a A (femme de Michel) et son fils Y, qui répète la même chose que sa mère. Il y a K, une ancienne amie, qui n'est au courant de rien. Il y a enfin mon ancien comptable, qui a avoué lors de la dernière minute de garde à vue, après l'avoir nié, uniquement par trouille d'aller en prison.

Le juge vous soupçonne aussi d'avoir effectué des dépenses avec l'argent de votre société, notamment avec K...

Je ne le nie pas. Après notre séparation, j'ai pété les plombs, je me suis mis à fréquenter des boîtes de nuit, où je n'avais jamais mis les pieds, et à vivre avec des filles faciles. K m'a toujours fait rire. Je lui ai offert des meubles, une voiture, on est allé un week-end à Deauville, avec Y (fils de K) d'ailleurs, quatre jours à Cannes au Martinez, et quelques fois à la Maison du caviar. En trente-cinq ans à la tête de mes entreprises, voilà mes abus de biens sociaux. Je les assume.

" G. et Chantal ont mal réagi cet été en faisant faire des factures à leur nom "

Pourquoi avez--vous acheté cet appartement à Marrakech ?


J'ai eu une copine marocaine pendant quelques mois et c'est elle qui m'a conseillé d'acheter un ryad (NDLR : une maison marocaine). J'en ai parlé un soir à Chantal  (NDLR : décédée lors de sa garde à vue) et G., demandant à Chantal, ancienne proviseur de lycée au Maroc, de mettre une de ses amies en recherche. Quelque temps plus tard, Chantal m'a dit que son amie avait trouvé un appartement superbe dans la Palmeraie. Je n'étais plus intéressé, cela m'était un peu sorti de la tête. J'ai traîné à donner une réponse et un soir Gilles m'a dit : " Ecoute, c'est idiot, cet appartement plaît à Chantal, il va nous passer sous le nez. Achète--le, et s'il ne te plaît pas à toi, on te le rachètera. " C'était un deal que nous avions entre nous. Ma société suisse, dont je suis le seul porteur de parts, a donc acheté l'appartement. C'est vrai que je n'y suis jamais allé et que G. et Chantal se sont occupé des travaux. Juridiquement, ils agissaient pour mon compte en attendant d'envisager la suite. Soit ils l'auraient racheté, mais cela paraissait de moins en moins envisageable compte tenu de l'état de santé de Gilles, soit je l'aurais récupéré ou revendu. En tout, cela a coûté moins de 2 MF.

Comment avez--vous réagi au décès de Chantal G...
Je suis très marqué. J'aimais beaucoup Chantal... La pression des policiers en garde à vue peut être terrible. On n'a pas idée de ce que c'est tant qu'on n'est pas passé par là. Les policiers eux-mêmes ne se rendent pas bien compte de ce qu'ils font. Il faut aussi reconnaître que G et Chantal ont mal réagi cet été, sous le coup de la panique, en faisant faire des factures à leur nom pour l'appartement de Marrakech. Quand on voit le résultat, c'est totalement absurde. Il aurait peut-être mieux valu tout expliquer simplement au juge C.

Pourquoi ne l'avez--vous pas fait ?

Je n'ai pas eu l'occasion de m'expliquer sur Marrakech. Le juge devait m'entendre le 17 septembre sur ce sujet et il a préféré m'interroger sur P. Voyez, cette affaire de bout en bout est un immense et triste gâchis.
Propos recueillis par,

 Résumons nous :

Chantal était l'amie de G. homme politique impliqué dans une affaire de corruption dont le principal accusé est P. Ami de longue date du corrupteur présumé Michel.

Chantal est morte en garde à vue dans des conditions troubles.

Michel à été dénoncé par sa femme A.

Le prochain billet évoquera les accusations de A.

Vous découvrirez alors que le sexe, l'argent et la politique forment une association explosive et nauséabonde !

 

 

Commentaires

le sexe, l'argent et la politique forment une association explosive et nauséabonde !

+ (beaucoup) d'hémoglobine = grosse daube de film made U.S.

Ecrit par : Miss Marple | lundi, 09 juin 2008

TF1 pourrait en faire la saga de l'été ;-))

Ecrit par : agathe | mercredi, 11 juin 2008

Ecrire un commentaire