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dimanche, 13 avril 2008
ECONOMIE 1.
Il est un habitué des forums de Boursorama.
Ses analyse semblent fiables.
Elle vont à contre-courant.
Je vous les livre :
analyse du 05/04/2008 20:47 05/04/08
De profundis clamavi ad te, Domine
Lors de sa dernière visite au Pakistan, Praful Patel, vice-président de la Banque mondialen a affirmé : «La croissance ne pourra se poursuivre que si le Pakistan s'adapte aux nouvelles réalités de la mondialisation, à savoir des prix élevés du pétrole, des matières premières et des produits alimentaires ». Voilà un aveu intéressant ! Les fruits de la mondialisation seraient donc bien amères ? Inflation, crise financière, récession sur fond de tension géopolitique, agrémenté de risque de krach boursier asiatique….
Une chose reste certaine : soit nos élites sont strictement incompétentes, soit elles obéissent à un programme subtil, plus connu sous le vocable : « ordo ab chaos ». Dans tous les cas, ceux qui portaient aux nues la mondialisation des marchés devraient être les derniers surpris du caractère systémique de la crise financière et économique.
Mais revenons un peu à ce curieux programme imposé qu'est la mondialisation. Ce sont les deux moteurs sournois que sont la Chine et le Japon qui servirent le mieux cette mondialisation, et ce sont les marchés asiatiques, a court moyen terme, qui seront le plus exposés. La crise des liquidités affectant actuellement les marchés occidentaux puise ses racines en Asie : la destruction de l'outil industriel occidental dans le sud-est asiatique, et en Chine ; la destruction du système financier et bancaire international du Japon, dont la politique d'argent gratuit a rendu obsolète toutes éthiques et réveillé les pires pratiques usuraires.
Le premier, la Chine, se retrouve confronté à l'éclatement de sa bulle financière, immobilière, assaisonné de troubles sociaux. Et comme un problème ne vient jamais seul, l'inflation atteint des niveaux inquiétants, voir exponentiels. Pour preuve, l'annonce par la province chinoise du Guangdong d'une hausse de 13% du salaire minimum. C'est en effet un signe inquiétant. Pour sa part, la banque américaine Citigroup estime que ce salaire minimum augmentera globalement de 21% en moyenne en Chine, en 2008. Quid de l'Europe et les Etats-Unis ? A la lecture des communiqués, les banquiers centraux se disent préoccupés par le retour de l'inflation, mais minimisent le problème par le blocage des salaires. Les gouvernants vont se retrouver vraisemblablement devant des mouvements sociaux de grande ampleur, sans pour autant maîtriser l'inflation des salaires ; pour la simple raison que les coûts salariaux des produits manufacturés dans le désert industriel qu'ils ont laissé bâtir, sera importé. Pour la seule année 2007, la France a perdu 50 000 emplois industriels. Les grandes entreprises françaises emploient 6 millions de travailleurs à travers leurs 31 000 filiales à l'étranger, pour 16 millions à l'intérieur. La guerre contre l'inflation ne se joue plus dans nos frontières. Aux Etats-Unis, la situation est encore pire, tant son déficit commercial s'accentue avec la Chine.
En gros, l'augmentation en dollar des produits chinois devrait correspondre à la hausse des salaires moins les gains de productivité, augmentée des accroissements de coûts autres que ceux du travail (énergie, immobilier, capital...) et de la progression du yuan face au dollar. En faisant une moyenne avec la hausse des coûts non salariaux (+ 7% aujourd'hui en Chine), cela donne une hausse des prix de 9% qui correspond à 18% d'inflation en dollar si on considère que le yuan va s'apprécier, cette année comme en 2007, de 9% face au billet vert. Comme la Chine représente 16% des importations américaines, une augmentation de 18% en dollar des produits chinois va ajouter 2,9% d'inflation aux biens importés. Les prix à l'importation aux Etats-Unis étaient déjà en hausse de 13,7% en janvier par rapport au même mois de 2007. Pendant des décennies, la production de produits manufacturés à bas prix dans ce pays a été un élément clé de désinflation dans le monde. L'actuelle envolée des coûts pousse les prix planétaires dans l'autre direction.
Bien sûr, il se trouvera toujours de bons fonctionnaires pour nous faire un calcul pas trop alarmiste de l'inflation. Considéré comme le véritable reflet de l'évolution des prix, cet indicateur exclut les éléments volatils, à savoir les produits alimentaires, l'énergie et le tabac (sic). Nos chers statisticiens ne semblent pas avoir remarqué que la hausse de ces éléments s'installant dans la durée, ils ne sont plus volatils ! Et surtout, ils ont un impact puissant sur les bas salaires, alors que la baisse des produits de luxe engendre une déflation sur les hauts salaires… Résultat : celui de la création d'une nomenklatura, abreuvée de privilèges, et mise en coupe réglée de la classe moyenne, prise dans l'étau du blocage des salaires et d'une inflation inavouée. Il faut reconnaître que la conversion de la Chine communiste au credo du libéralisme aura plus marxisé l'Occident, que le contraire
En résumé, la Chine aura été le moteur de la mondialisation économique mondiale, le vecteur principal de délocalisation de l'industrie occidentale, la source de profits des principaux groupes industriels et financiers mondiaux, et son corollaire… la paupérisation de l'Europe : 19 millions d'enfants européens, soit un sur cinq, vivent au dessous du seuil de pauvreté (selon le dernier rapport de la commission européenne) Avec des amis comme ça, on a pas besoin d'ennemis.
La déflation engendrée par la production chinoise - entre autres - est un leurre également par le fait de l'abaissement des critères de qualité : payer un scooter, une machine à laver, voire une pelleteuse 20% moins cher, pour une durée de vie réduite de moitié (dans le meilleur des cas), c'est de la déflation a court terme, très court terme.
Synthèse de la question chinoise et son impact
-Création d'une bulle mettant en péril tous les marchés financiers ;
-destruction du tissu industriel occidental ;
-retour imminent d'une inflation mondiale et exponentielle, ce que LIESI a appelé l'hyperinflation ;
-abolition des droits de l'homme sur l'autel des profits ;
-paupérisation des classes moyennes et populaires occidentales, permettant le retour en force d'idées nauséabondes et populistes de droite comme de gauche, augurant de mouvements sociaux à venir. (Attention au mois de mai, les rouges vont chauffer leurs troupes à blanc pour fêter les 40 ans de mai 68.)
L'héritage de la crise japonaise et ses conséquences
Depuis 1980, le Japon est entré en récession, le remède appliqué de mise a zéro des taux fut vivement critiqué par les autorités financières américaines de l'époque ; elles ont du l'oublier depuis. Cet argent facile fut la source d'apprivoisement inespéré et, peu a peu, le grand public découvrit ce que voulait dire carry trade, la première alerte sur cette pratique fut le fait du fond spéculatif LTCM.
Son fondateur était
John Meriwether
, célèbre responsable de l'
arbitrage
puis de l'ensemble du trading de
taux d'intérêt
pour la banque
Salomon Brothers
, qu'il avait dû quitter peu après une manipulation de marché trop visible. La mémoire n'étant pas le fort du monde de la finance, le quidam, en 1994, montrait le fameux hedge fund LTCM, avec « Deux futurs lauréats du
"prix Nobel d'économie"
(
Myron Scholes
et
Robert Merton
) et un vice president de la FED en exercice ».
Rappel des faits : LTCM dispose alors, en 1998, de positions en nominal représentant 100 milliards $ sur le marché obligataire, alors que les fonds qu'il gérait ne représentaient que 4 milliards de $. Le 23 septembre 1998, LTCM doit être sauvé de la faillite par la banque centrale américaine, afin d'éviter ce qu'elle perçoit comme un risque non négligeable d'éclatement du système financier international. Elle en organise la reprise en catastrophe avec le concours des principales banques d'investissement, dont LTCM était client.
Le temps passe, les situations se reproduisent à l'identique, mais en pire. Le ridicule n'étant pas du domaine de la perception dans le monde de la finance, John Meriwether est actuellement à la tête d'un fond perdant 30% depuis le début de l'année. Aujourd'hui, LTCM a fait des émules : près de 10 000 hedges funds sont opérationnels dans le monde et gèrent environ 1 760 milliards USD (1 250 milliards d'euros) - source article du Monde du 28.10.2007.
- La dernière semaine de mars 2008 a été le spectacle d'une baisse spectaculaire sur le marché des matières premières ainsi que des métaux précieux. Curieusement, la presse financière n'a semble t'il pas évoqué le rôle de ces hedges funds dans le mouvement, ni celui de la chute brutale de la parité $/yen.
- Alors que la revue nécrologique de ces fonds sans foi ni loi risque de dépasser celle de la canicule de 2003, ils ont été curieusement protégé par l'administration états-uniennes lors des différents sommets du G7.
- Au petit jeu de la spéculation à tout crin, les banquiers ont confondu leur rôle avec celui de tenanciers à Macao, et le monde de la finance ne cesse de remplir ses placards de cadavres. Les plus grands noms du monde bancaire se sont mués en usuriers, empruntant à des taux très bas, grâce à leurs noms prestigieux et des notations pour le moins discutables. Depuis deux décennies, le Japon abreuve les marchés financiers d'argent gratuit, transformant les monnaies en jetons de casino. Il est donc évident que le plus grand danger de l'heure présente consiste en un krach monétaire et bancaire.
Attention au leurre d'une fausse reprise du secteur bancaire !
Les performances boursières du secteur bancaire des derniers jours vont très certainement rassurer certains qui vont prendre le train en marche. C'est un PIEGE MORTEL.
Relisez la dernière intervention de Mr Strauss Khan. Selon lui, la Fed a bien fait de soutenir la banque américaine Bear Stearns. « Si elle ne l'avait pas fait, les conséquences en chaîne auraient été considérables ».
Pour sa part, la banque suisse UBS reconnaît que ses placements les plus sûrs doivent être déclassés.
Quant au Congrès américain, il doit voter des mesures d'exception et donner les pleins pouvoirs à la FED. Devant ce même Congrès, le président de la banque centrale américaine, B. Bernanke, intervenait le 02 avril 2008. Pour commencer, Ben Bernanke a expliqué, lors de son discours devant la commission économique du Congrès, pourquoi il avait secouru Bear Stearns. En réalité, son explication est plus qu'un aveu. En cas de crise financière, dit Bernanke, les règles de la libre concurrence ne s'appliquent plus pour les banques. Elles ont ainsi pu faire n'importe quoi, pendant des années, prendre des risques démesurés. Elles survivront, de toute façon ou entraîneront tout le monde dans leur chute.
Les pertes sur les différents produits financiers titrisés américains se chiffrent en milliers de milliards de dollars et vont provoquer une faillite a effets dominos des établissements financiers. Celle des hedges funds a déjà commencé. Les remèdes économiques des banquiers centraux ne font qu'accélérer la crise systémique.
L'effet de levier utilisé au maximum ces dernières années par ces pompes à finance a transformé les banques américaines en véritables hedges funds. Le voile pudique d'honorabilité tombe peu à peu, il y aura une faillite bancaire de trop.
Synthèse
L'inflation provoquera inévitablement une hausse de l'or. La baisse violente à laquelle lon vient d'assister est le meilleur point d'entrée possible sur l'achat d'or physique, ces derniers mois. Sur les certificats, vous pouvez rester sur des positions longues et dormir tranquille, même si les spéculateurs secouent encore les cours, achetez les certificats 4458z et 4859z. Vous en rirez en fin 2008, si le système bancaire tient encore et si la crise asiatique, n'explose pas.
La spéculation sur les matières premières peut également secouer les cours, mais, fondamentalement, elles ne peuvent pas baisser à long terme, car en face, contrairement à ce qui disent nos experts financiers, les monnaies ne flottent pas, elles coulent à des vitesses différentes les unes par rapport aux autres et, dans ce contexte, ne rêvez pas d'un pétrole moins cher, il va continuer de s'apprécier cette année (objectif du pic annuel, minima 150$ le baril).
Les marchés financiers ne tiendront pas. Si le timing est difficile à déterminer, le CAC40 ne passera pas 5300Pts ; à ce niveau les shorts seront faciles à tenir en longs.
Les sherpas du système vont tout tenter pour vous convaincre que la crise est sous contrôle. C'est faux, il se peut qu'à tout moment survienne une refonte du système monétaire international, c'est à ce moment seulement que vous connaîtrez le vrai prix de l'or.
Les marchés monétaires sont en régulation artificielle. Lorsque les parités ne seront plus manipulées, le roi dollar risque d'apparaître bien nu. N'achetez pas du dollar comme bien des experts vous le conseillent, il descendra encore et encore, et provoquera la refonte du système monétaire, a court ou moyen terme.
Les hedges funds vont s'effondrer comme un château de cartes, les bancaires vont suivre de près, et la FED à ses tiroirs remplis de junks bonds (obligations pourries), pris en location à court terme, qui risquent de finir en très long terme.
L'ultima ratio des Etats-Unis et de l'Europe risque d'être la nationalisation du secteur bancaire, habitué servilement que nous sommes à la nationalisation des pertes, et la privatisation des profits.
Si vous n'avez pas le cœur solide, évitez les certificats en bourse car la volatilité va encore s'amplifier. Et n'oubliez jamais que la force d'une correction est égale aux mensonges qui l'ont précédée.
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