Compteur Gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • A charges....

    J’aime cette autre façon de voir les choses sur la compétitivité des entreprises Françaises.

    Je n’avais pas vu les choses comme ça, moi aussi victime de la pression médiatique.

    L’idée, notamment, que les PME soient totalement étouffées par les grandes entreprises doit être rappelée sans cesse.

    Enfin le poids des dividendes, en augmentation permanente, doit être également évoqué face aux sempiternelles remarques sur le coût du travail.

    Vendredi 23 février 2007.


    Sarkozy ne cesse de déclarer que le « coût du travail plus élevé en France que dans les autres pays européens » serait responsable du chômage.


    On pourrait tout d’abord, s’étonner que Sarkozy considère le chômage comme un problème : les gouvernements auxquels ils participent - avec grand tapage - depuis presque cinq ans, n’ont cessé, en effet, de renforcer le chômage en allongeant la durée du travail, en faisant stagner les salaires, en ne remplaçant qu’au compte gouttes les fonctionnaires partant à la retraite, en allongeant la durée de cotisations pour pouvoir obtenir une retraite à taux plein...

    Les mesures qu’il propose aujourd’hui vont toujours dans le même sens : rendre les heures supplémentaires moins onéreuses que l’embauche, ne pas remplacer « un fonctionnaire sur deux qui partirait en retraite »... Pour un homme de droite, partisan de l’ultra-libéralisme, c’est tout à fait compréhensible : rien ne vaut, en effet, la peur du chômage pour imposer silence sur les salaires ou les conditions de travail.

    Mais surtout l’affirmation de Sarkozy est radicalement fausse.

    Les salaires bruts français (salaires nets + cotisations sociales salariales et patronales) ne sont pas plus élevés que les salaires de la majorité des pays européens
    C’est ce qu’affirme elle-même la Fédération des employeurs européens (Fedee). Le salaire brut médian français (50 % des salariés français gagne plus, 50 % gagne moins) arrive en 14ème position (sur 25) des salaires européens, loin derrière le Danemark ou la Suisse mais aussi derrière l’Allemagne, les Pays-bas, l’Italie, le Royaume-uni, la Suède ou la Belgique.
    C’est pourtant avec ces pays que la France a les ¾ de ses échanges.

    La fiscalité des entreprises françaises n’est pas plus élevée que celle des principaux pays européens.
    Selon la Droite et le Medef, le taux français de l’Impôt sur les Sociétés (33,3 %) est supérieur de 9 points à la moyenne européenne qui est de 24 %. Il faudrait le ramener à 20 % pour être compétitif !

    Cela revient, au passage, à passer sous silence que la plupart des PME ne connaissent qu’un taux de 15 %.
    Cela ramènerait, surtout, le taux français au niveau des taux polonais ou slovaque (19 %) accusés de « dumping fiscal ».

    Mais surtout, le taux n’a aucune signification si on ne sait pas à quelle assiette, à quelle base d’imposition il s’applique.

    Si l’on ramène le taux d’imposition de l’IS au bénéfice brut des entreprises (Excédent Brut d’Exploitation) : le taux effectif de prélèvement (7,2 %) situe la France au 15ème rang européen sur 25. Loin derrière les pays nordiques (11,3 % pour la Suède) mais aussi derrière le Royaume-Uni (10 %), les Pays-bas (9,1 %) et même l’Irlande (7,7 %).

    Comme quoi les jérémiades du Medef et de la droite cachent une réalité scandaleusement favorable aux grandes entreprises françaises. (les entreprises ont reçu en 2006, 65 milliards d’euros d’aides sous formes d’exonérations de cotisations sociales, ce qui est une baisse des salaires bruts)

    Si la droite abaissait l’IS comme elle le prévoit, le taux de prélèvement effectif de l’IS français serait ramené à 4,3 %. Cela mettrait la France au 23è rang européen, tout juste devant la Lituanie et l’Estonie.


    Une guerre fiscale européenne.

    Les autres pays européens ne se contenteraient pas de lire le journal : ils abaisseraient eux aussi les impôts des entreprises. La France aurait déclenchée une guerre fiscale et tous les impôts sur les sociétés s’aligneraient ver le bas. Les entreprises françaises ne gagneraient donc strictement rien en termes de compétitivité. Par contre, les recettes fiscales de l’Etat français seraient amputées de 20 milliards d’euro annuels si le projet de la droite venait malheureusement à être appliqué.

    Cette baisse de 20 milliards donnerait à Sarkozy (si par malheur il l’emportait) et au Medef un nouveau prétexte pour attaquer les dépenses sociales et le service public, au nom d’un déficit qu’elle aurait elle-même accentué de 20 milliards d’euros chaque année.

    Les salaires et les impôts ne sont pas les seuls coûts des entreprises : il y a aussi les coûts du capital !

    Ce qui coûte de plus en plus cher aux entreprises et que Sarkozy et le Medef passent totalement sous silence, ce sont les dividendes versés aux actionnaires des grandes entreprises.

    Pour les PME, ce sont les frais bancaires et les délais de paiement de plus en plus longs imposés par les grandes entreprises donneuses d’ordre à leurs sous-traitants.

    Entre 1983 et aujourd’hui, la part des profits dans le partage des richesses créées chaque année par les entreprises est passée de 31 à 41 %, alors que celle des salaires diminuait de 69 % à 59 % de la richesse créée chaque année.
    Ce qui représente une perte pour les salaires d’environ 150 milliards d’euros annuels : 15 fois le déficit de l’assurance-maladie !

    La seule évolution des dividendes est faramineuse : + 218 % entre 1993 et 2005. Par comparaison, la masse des salaires distribuée n’a augmenté que de 135 % sur la même période.

    Les entreprises et l’emploi sont de plus en plus « pénalisés non par le « coût du travail » mais par le poids exorbitant des « charges financières ».

    Les grandes entreprises donneuses d’ordre siphonnent les profits des PME sous-traitantes en baissant les prix, raccourcissant les délais de livraison et allongeant les délais de paiement.

    La plus grande partie des profits des grandes entreprises n’est pas investie de façon productive mais placée de façon spéculative sur les marchés financiers, en premier lieu les marchés financiers des Etats-Unis. Ce qui contribue à renforcer la suprématie technologique et financière de l’économie américaine et les déséquilibres de l’économie mondiale.

    Jean-Jacques Chavigné,

  • Mon village.

    medium_mauguiocouleur7.2.jpg

    PRÉSENTATION DE MAUGUIO CARNON

     

    Le vieux village de Mauguio, est le coeur d'une ville moderne, qui cherche à garder
    son identité tout en s'adaptant à son époque.

    Carnon, son port et ses plages, ajoutent l'attrait de la mer aux traditions de la Petite
    Camargue et à sa faune et flore exceptionnelle.

    De ses vergers, en passant par ses terres maraîchères et ses manades, ses zones
    d'activités et sa station balnéaire, Mauguio Carnon, terre d'accueil, offre à ceux qui
    ont choisi d'y vivre, une qualité de vie que nous voulons préserver.

     Le MAIRE.

     

    PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE

    Largement étendue sur 8500 hectares de plaines et sur ses terres douces, humides ou
    salées, la commune de Mauguio Carnon est la 7ème ville du département de l'Hérault.
    Elle est situés aux portes de la Petite Camargue, de part et d'autre de l'Etang de l'Or,
    à 11 kilomètres de la ville de Montpellier.

    A Mauguio, le vieux village enroulé autour de sa motte féodale, donne au coeur de ville
    une âme attachante que l'Histoire et les traditions ont su entretenir.

    L'Etang de l'Or couvre environ 30% du territoire. Ce site est reconnu "zone humide
    d'importance nationale". Magnifique et typique résidence pour les oiseaux, il abrite une
    faune et une flore riche et diversifiée. Avec les Cabanes du Salaison et bien d'autres lieux
    que vous aurez tout loisir de découvrir, il fait partie d'un patrimoine naturel qui se révèle
    exceptionnel.

    Carnon, son lido et son port dans le centre ville, sont en pleine évolution. Ses six kilomètres
    de dunes protégées, et de plages réputées pour la qualité de leur sable et de leur eau, sont
    propices au tourisme et aux vacances. de même, le port de plaisance connaît un essor
    significatif quant à sa notoriété. Sur ses quais, tous les soirs, on peut participer aux animations
    d'été qui se prologent tard dans la saison et débutent dès le printemps.

    A mi-chemin de la cité melgorienne et de sa station balnéaire, fréjorgues et son aéroport
    international, sont la plaque tournante d'un trafic aérien qui ne cesse de croître. Cette zone est
    propice au tranport des voyageurs et au fret. Elle représente un pôle économique important.
    De nombreux espaces commerciaux sont venus s'y installer, privilégiant les secteurs du Mas
    des Cavaliers et, à l'Est et à l'Ouest, la zone commerciale de Figuières.

    C'est également sur ces plates terres, entre marais et cité, que l'on rencontre souvent des
    cavaliers. Les écuries sont nombreuses, quelques manades ne sont pas loin.

    Au Nord-Est de la ville, la ZAC de la Louvade est une autre zone en pleine expansion. De
    nombreuses entreprises artisanales s'y installent et dynamisent la vie économique.

    Mauguio Carnon, avec sa vie culturelle et sociale, ses sportifs, son agriculture diversifiée, ses
    commerces de proximité et ses marchés typiques, possède bien d'autres ressources. Terre
    nourricière et d'accueil où le soleil sèche les embruns du large, elle met du sel et de l' "aficion"
    dans le coeur de ceux qui passent ... et ne repartent plus.

  • Caricatures de démocratie

     

    medium_no20.jpg

    Caricatures!

    Par Laurent Lévy, 9 février

    Introduction

    À l’heure où la grande presse unanime et une bonne partie de la classe politique (de François Hollande à Nicolas Sarkozy en passant par Dominique Voynet et François Bayrou) apporte publiquement son soutien à Charlie Hebdo dans le procès qui lui est intenté pour avoir publié des dessins racistes (comment appeler autrement un dessin qui, représentant le prophète Mahomet lui même coiffé d’une bombe, véhicule l’équation Islam = terrorisme et donc musulman = terroriste potentiel ?), il nous a paru nécessaire de re-publier le texte que Laurent Lévy avait écrit il y a un an en pleine « affaire des caricatures », et qui dit l’essentiel.

    Article

    On se serait bien passé de cette tempête ; cela n’empêche pas de chercher à y comprendre quelque chose, et à interroger ce qui s’y joue. Une série de dessins « satiriques » a fait scandale en Scandinavie, et déclenché la fureur, dans un certain nombre de pays musulmans, de secteurs entiers de l’opinion publique, et bien souvent des Etats eux-mêmes. Rassemblements et manifestations, menaces, imprécations se succèdent à rythme accéléré. Le directeur de publication d’un quotidien français qui les a reproduits est démis de ses fonctions par le propriétaire du journal. D’autres organes de presse s’empressent alors d’exprimer leur solidarité en republiant les dessins litigieux, au nom de la « liberté d’expression », du « droit au blasphème » et de la résistance contre « l’obscurantisme » religieux. Le président de la république dénonce alors une « provocation », suivi par des commentateurs qui appellent à ménager la susceptibilité des musulmans. Le texte qui suit revient sur cette controverse, sur ses termes, trop rarement définis (« caricature », « liberté d’expression », « censure », « droit au blasphème ») et sur son point aveugle : le caractère raciste d’au moins deux des dessins.

    En elle même, cet enchaînement de faits aurait pu n’appeler aucun commentaire. Il est devenu terriblement banal que se publient des dessins de mauvais goût ; que ce qui semble sacré aux un-es soit traité irrévérencieusement par les autres ; que des personnes protestent lorsqu’elles se sentent blessées ; que des violents exercent ou menacent d’exercer des violences ; qu’un patron remercie son subordonné. Ce sont pourtant ces banalités qui ont provoqué la tempête.

    Caricature ou délire raciste ?

    Il n’est pas certain qu’on aide à la compréhension des choses en évoquant simplement dans cette affaire des « caricatures » ou des dessins « satiriques ». La satire est un exercice dans lequel défauts et vices des personnes qui en font l’objet sont moqués ou mis en évidence d’une manière plaisante. Sur l’un des dessins en cause, celui qui a le plus fait scandale, le prophète de l’islam est présenté coiffé d’un engin explosif. Il ne s’agissait donc pas là de dénoncer ou de critiquer un trait caractéristique du personnage ainsi représenté, mais d’affirmer son caractère intrinsèquement criminel, et même terroriste - et à travers lui celui de l’ensemble du monde musulman. Une caricature doit ressembler à son sujet. On ne peut reprocher à un caricaturiste de forcer certains traits, et de dessiner par exemple des oreilles d’éléphant à qui aurait simplement de grandes oreilles : il ne fait là que son métier de caricaturiste. Le dessin en cause n’est pas de ce registre ; il n’est ni satirique ni caricatural : il est simplement l’exposé d’une thèse dénonçant l’Islam comme terroriste par définition (sous le turban même de son prophète) - ou le terrorisme comme musulman par essence. Il est donc, de ce fait même, une incitation raciste à la haine islamophobe - dans un contexte où, bien souvent, toute incitation est hélas en la matière superfétatoire. « Vous voyez celui-là, votre voisin, l’Arabe, avec sa femme voilée et son fils à casquette, dit-on en substance, méfiez vous de lui, c’est un terroriste en puissance. »

    On a ici l’illustration du fait que ce que l’on dénonce comme racisme islamophobe n’est en aucune manière une simple « critique de la religion musulmane », ni même sa simple détestation en tant que religion : dire que l’islam est par nature « terroriste », ce n’est pas critiquer l’islam, c’est en donner une représentation qui, pour être fantasmatique, n’en produit pas moins tous les effets du racisme ordinaire. De la même manière que dire que les Noirs sont paresseux, les Juifs avares ou les Jaunes cruels, ce n’est pas critiquer l’Afrique, la religion juive ou l’Asie, mais alimenter des stéréotypes et tenir des propos racistes.

    Quoi qu’il en soit, ce autour de quoi le débat a tourné, curieusement, n’est pas la portée de ces dessins ou la signification politique de leur publication. Dans le contexte actuel, où la mondialisation capitaliste prend bien souvent les formes d’une guerre de l’occident contre le reste du monde ; où l’index est pointé vers l’Islam pour mieux faire admettre, sous le nom de guerre au terrorisme, les menées impérialistes des États Unis et de leurs alliés au moyen Orient et au delà ; où des dictatures féroces se présentent comme « musulmanes », et font de l’identité religieuse un dérivatif aux populations qu’elles oppriment ; où l’islam est instrumentalisé par de troubles mouvements politiques ; où les minorités musulmanes d’Europe font l’objet d’un racisme structurel, qui sert d’instrument à leur surexploitation, et à la division des victimes du système économique et social ; ou l’islamophobie sert de ciment idéologique à tout cela ; dans ce contexte, donc, il y aurait pourtant eu beaucoup à dire sur la publication de ces dessins.

    Pourtant, même ceux qui l’ont condamnée ou regrettée se sont bien souvent bornés à évoquer l’injure ainsi faite aux musulmans, mais sans en proposer l’analyse - laissant ainsi entendre que l’essentiel résidait, non pas dans le contenu des dessins, mais dans leur simple existence. Au demeurant, même ce débat est demeuré accessoire ; l’essentiel a porté sur la question de la « censure », de la liberté de la presse, de la liberté d’expression. Or, de tous côté, même cette question a été abordée par le plus petit bout possible de la lorgnette.

    « Censure » et « liberté d’expression »

    La publication de ces dessins se justifie, explique-t-on, parce que la liberté d’expression est un principe supérieur à tout autre. En quoi consiste ce principe, en quoi il serait menacé, en quoi la publication de ces dessins en serait la simple mise en œuvre, ou la défense, voilà ce que l’on ne nous explique pas.

    Notons d’abord qu’il n’existe pas, en tous cas en France, de principe général de la liberté d’expression. Présenter un tel principe comme l’un des apports de l’universalisme occidental est une filouterie. La loi sur la liberté de la presse, qui régit cette question, lui donne des limites : il est interdit - et pénalement sanctionné - de diffamer autrui ou de l’injurier ; il est interdit d’inciter à la haine raciale. Injures, diffamations, incitations à la haine, sont d’autant plus interdites qu’elles visent des groupes particuliers à raison de leur appartenance réelle ou supposée à une race, à une religion, à un peuple, ou à raison de leur origine, de leur orientation sexuelle, de leur état de santé, etc.

    De ce seul point de vue, on peut dire que, par exemple - et puisque c’est bien de cela qu’il s’agit en l’espèce - la provocation à la haine à l’encontre des musulmans est pénalement sanctionnée par la loi française. Dans quelle mesure cette loi est-elle effectivement mise en œuvre, cela est une autre question. Dans quelle mesure la pénalisation de certaines expressions se justifie en est encore une autre.

    Il n’est pas inutile de remarquer sur ce point que la voie pénale n’est pas la seule qui soit offerte, même en demeurant dans le domaine du contrôle judiciaire des comportements, pour combattre les propos qui portent atteinte aux personnes, à leur dignité, à leur sécurité, etc. On se rappelle par exemple la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour avoir dit que les chambres à gaz nazies étaient un simple « détail » de l’histoire du vingtième siècle. Aucun texte, alors, ne réprimait ce genre de négationnisme ; il n’y avait pas encore de « loi Gayssot ». C’est au nom du principe juridique général qui veut que « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer » (article 1382 du Code civil) que des associations d’anciens déportés, des associations antiracistes et de défense des droits de l’homme, etc., avaient poursuivi en justice l’auteur de ces propos et l’avaient fait condamner à leur verser des dommages et intérêts : la portée symbolique d’une telle condamnation vaut bien celle d’une condamnation pénale.

    Outre ce recours aux règles de la responsabilité civile, qui veut que l’on est tenu des fautes que l’on commet, des mesures peuvent toujours être prises en cas de troubles à l’ordre public, commis ou risquant de l’être, à travers une publication par ailleurs en elle-même licite ; ou lorsque est en cause le respect dû à la vie privée, que la loi protège également. Dans de tels cas, il appartient aux tribunaux d’arbitrer entre les principes de liberté d’expression et de protection de la vie privée ou de l’ordre public, principes tenus par la loi comme également respectables - même si la notion « d’ordre public » est en elle-même extrêmement confuse, et sujette aux pires dérives. La requête de certaines associations musulmanes tendant à faire interdire la sortie du numéro de Charlie-Hebdo reproduisant les fameux dessins a semble-t-il été écartée pour des raisons de forme ; rien ne permet donc de dire si, quant au fond, elle n’aurait pas pu être accueillie.

    Par ailleurs, lorsqu’il s’agit de lutter contre des propos ou des comportements, on n’est pas tenu de recourir aux tribunaux : les combats idéologiques sont avant tout politiques, et la condamnation morale de l’opinion est sans doute la meilleure qui soit ; des décisions de justice peuvent y contribuer, mais ne sauraient la remplacer ; par ailleurs, les juges eux mêmes sont des hommes et des femmes qui n’échappent pas comme par miracle aux idées dominantes. Leurs décisions, lorsque doit être appréciée d’une manière somme toute subjective la valeur des principes et des intérêts en cause dans un cas déterminé, sont aussi fonction de l’état de l’opinion ; les juges partagent les évidences communes, et la voie judiciaire suppose souvent, pour avoir quelque efficacité, qu’existe au moins un courant significatif de l’opinion allant dans le sens de la décision recherchée.

    Donc, la liberté d’expression n’est pas, en France, un absolu intangible ; mais à supposer qu’elle le soit, rien ne permettrait de dire pour autant que la publication de nos caricatures se justifiait : ce n’est pas parce qu’on a « le droit » de faire une chose qu’il faut absolument la faire ; si ce « droit » peut, pour un tempérament légaliste, être une condition nécessaire à la publication, il n’en est certainement pas une condition suffisante. On peut donc parfaitement considérer que même s’il était loisible de le faire, il ne l’aurait pas fallu. Nulle « censure » à cela.

    Le « droit au blasphème » et ses usages

    Certains ont dans le débat brandi ce qui apparaît aujourd’hui comme un lieu commun dans certains milieux islamophobes : le « droit au blasphème ». L’expression est à tout le moins curieuse. Pour qui n’est pas croyant, le blasphème est sans portée. On ne peut pas vouloir déplaire à un « Dieu » dont on nie l’existence. Le blasphème ne peut concerner que les personnes pour qui il a un sens, c’est à dire celles qui sont croyantes ; et pour elles, dans une société où coexistent toutes sortes de croyances et toutes sortes d’incroyances, l’interdit n’a pas à résulter de la loi générale applicable à tous les membres de celle-ci : il résulte déjà des règles de leur religion, auxquelles elles adhèrent librement. Ceux qui prônent le « droit au blasphème » ne le réclament à l’évidence pas pour ceux qui, par leur adhésion à une religion, se refusent de toutes façons à l’exercer. Non : ils le réclament pour eux mêmes. Or, pour qui n’est pas croyant, le blasphème n’a en tant que tel aucun sens, et si l’on s’interroge sur les raisons qui peuvent les pousser à en réclamer le droit - qu’au demeurant personne ne leur conteste - on voit que la raison est simple : puisque injurier « Dieu » n’a pour eux aucun sens, ce sont simplement les croyants qu’ils veulent injurier.

    Il est paradoxal, soit dit entre parenthèses, de constater que ceux-là même qui disent que la religion doit demeurer de l’ordre des choses privées, strictement domestiques, voire clandestines, ne se proposent pas de blasphémer dans le secret de leur boudoir. S’ils exigent que chacun garde sa foi bien au chaud dans son for intérieur, ils souhaitent quant à eux exhiber à tous vents leur irréligion.

    Au demeurant, républicanistes de tous poils devraient y réfléchir à deux fois à propos de blasphème : leur religion a également ses idoles sacrée, à tel point qu’ils ont institué en délits les outrages faits au drapeau tricolore où à l’hymne guerrier qu’est La Marseillaise. Les adorateurs de ces idoles, le fait est significatif, n’ont eu l’idée de cette pénalisation qu’après le 11 septembre 2001, et plus précisément après qu’au mois d’octobre de cette même année, des jeunes gens eurent commis l’irréparable sacrilège de « siffler » le célèbre refrain affirmant que les « ennemis de la France » ont un « sang impur ».

    Quant aux quelques momies qui défilaient en ordre dispersé en décembre dernier pour célébrer le centenaire de la loi de 1905, elles arboraient un badge indiquant : « Laïcité sacrée ! »...

    La question, cela dit, n’est donc pas simplement celle de la liberté d’expression, mais celle de l’expression elle-même, de ses raisons d’être, de sa signification idéologique et politique dans un contexte donné.

    « L’anticléricalisme » au service du racisme

    On admirera à cet égard la perversité de l’argument - également entendu dans ce débat - selon lequel la publication des dessins en question permettait de manifester un soutien au directeur de publication licencié de France-Soir. Considérer que cet ancien directeur doit être soutenu, c’est considérer qu’il aurait été licencié « à tort ». Mais cela pourrait avoir plusieurs fondements ; or, il ne semble pas que qui que ce soit ait contesté, par exemple, le droit d’un patron de presse à décider de la ligne éditoriale de son journal, et à disposer, comme d’autant de mouchoirs jetables, de ses subordonnés : les questions ainsi posées n’auraient dans une telle hypothèse, plus grand chose à voir avec le contenu du dessin publié par France-Soir, et tout à voir avec l’organisation des entreprises en général, et des entreprises de presse en particulier, dans un système capitaliste. Or, si ce dont il s’agit n’est pas le droit régalien du propriétaire du journal de se défaire de son directeur de publication s’il ne partage pas ses choix, c’est qu’il s’agit des motifs précis du renvoi de ce directeur : il lui a été reproché d’avoir publié le dessin en cause, et c’est cela qui est contesté ; en somme, le soutien à ce directeur consiste à dire qu’il a eu raison de publier ledit dessin. Mais alors il est hypocrite de dire que c’est pour le soutenir qu’on le publie également : c’est en réalité simplement parce que l’on pense qu’il fallait en effet le publier. Ni la solidarité journalistique, ni la liberté d’expression n’expliquent donc cette nouvelle publication. Il faut l’expliquer par elle-même.

    On a vu que ces dessins se caractérisaient d’abord et avant tout par leur islamophobie, par leur dénonciation des musulmans en général comme agents du terrorisme ; il n’est pas pour autant certain que toute reproduction ait ou ait eu une visée raciste. Quand le débat fait rage, quand dans le monde entier, manifestations, violences et menaces se succèdent, il peut être légitime de donner à chacun les moyens de savoir de quoi il retourne. Si le dessin litigieux a été commandité, dessiné, initialement publié, puis reproduit, dans une intention islamophobe, il pouvait parfaitement être reproduit une fois le débat lancé pour les seuls besoins de l’information du public. Donner à voir le dessin dans de telles conditions ne signifie pas forcément : « Regardez comment je vois Mahomet », mais peut signifier : « Regardez quel est le dessin que beaucoup jugent scandaleux ». Rappeler que l’on a reproché à Le Pen de dire : « détail », cela n’est pas la même chose que dire soi-même : « détail ». On peut dès lors s’interroger sur le sens de la publication dans France-Soir, mais aussi dans Le Nouvel Observateur, de ce dessin ; et on peut, pourquoi pas, accorder à ces journaux le bénéfice du doute, dès lors qu’ils n’ont pas simplement dit publier un portrait du prophète de l’islam, mais simplement voulu mettre à la portée du public l’un des éléments d’un débat en cours. Et la vérité est en effet que l’on comprend mieux l’émotion soulevée par un dessin tel que celui-là une fois qu’on l’a vu.

    Pourtant, tout le contexte de ce débat rend assez transparente l’intention raciste de Charlie Hebdo dans cette publication. D’abord parce que ce journal n’est pas à proprement parler un journal d’information [1] ; ensuite parce que l’islamophobie est désormais l’un de ses fonds de commerce favoris [2]. La mise en avant complaisante de son caractère décidément irrévérencieux ou anticlérical ne suffit en aucune manière à excuser une telle ligne éditoriale. Au demeurant, il y a quelque chose de lamentablement indécent de voir un journal qui s’est naguère illustré par son irrévérence à l’égard des puissants de son propre monde, et qui choisit aujourd’hui, la fatigue de ses collaborateurs aidant peut-être, de faire porter dans un confortable retournement d’alliances et de valeurs, son irrévérence sur les déshérités, victimes de ces mêmes puissants. Que des Français, blancs, de tradition chrétienne, se moquent de l’Église catholique, cela peut avoir du sens. Que des Arabes, des Iraniens, des Afghans, ou des Pakistanais entendent combattre l’islam, cela les regarde. Que ceux qui ont tout s’en prennent aux convictions intimes de ceux qui n’ont rien, cela devient une autre histoire.

    Quoi qu’il en soit, le débat autour des « caricatures » donne l’occasion d’approfondir la spécificité, à l’intérieur des idéologies antireligieuses, des attaques permanentes dont « l’islam » fait l’objet : à cet égard, Charlie Hebdo n’est jamais qu’un symptôme parmi d’autres, simplement un peu plus minable que d’autres.

    Un contexte islamophobe

    Les agents de l’islamophobie contemporaine, qui s’obstinent à prétendre n’y voir qu’une manifestation légitime du droit - incontestable dans une démocratie - à « critiquer » les religions seraient bien inspirés, au lieu de se borner à les déplorer avec condescendance, de s’interroger sur les réactions que suscitent les attaques contre « l’islam » chez de nombreuses personnes, hommes et femmes, qui ne se considèrent pas à titre personnel comme religieuses, qui ne se soumettent à aucun des préceptes de la religion musulmane, et qui se sentent néanmoins visées par ces attaques.

    On disait jadis, pour désigner - quelle que soit leur origine effective - les personnes issues de l’immigration maghrébine, « les Algériens ». Plus tard, on a dit « les immigrés ». On a inventé les « les beurs ». Désormais, les voilà étiquetés « musulmans ». Quand une personne se voit en permanence assignée à une identité, il faut bien qu’elle finisse par s’y reconnaître. Tel jeune homme dont le nom trahit une origine maghrébine, qu’il ne cherche d’ailleurs pas à cacher, se voyait demander dans le courant du dernier mois de Ramadan, alors qu’il était en plein déjeuner accompagné d’un verre de vin, s’il pratiquait le jeûne. Puisqu’il sait qu’on le considère, quoi qu’il fasse ou dise, comme « musulman », il est assez naturel qu’il considère de son côté que les attaques lancées contre l’islam le concernent de près. De toutes façons, quelles que soient leur attitude personnelle à l’égard de la religion, les personnes issues de l’immigration maghrébine ou sahélienne ont généralement certaines attaches avec l’islam, en tant par exemple qu’il est la religion de leurs parents, de certains de leurs frères ou de certaines de leurs sœurs, d’amis, de cousins, de voisins, etc. Il savent d’emblée, lorsqu’on s’en prend en termes généraux aux « musulmans », que ces proches, dont ils mesurent à quel point ils n’ont rien à voir avec les caricatures que l’on dresse d’eux, sont victimes de ces attaques. Il n’est pas rare que se définissent aujourd’hui comme « musulmans » des gens dépourvu de toutes pratiques religieuses, et qui n’auraient pas eu idée de se définir ainsi jusqu’à ce que, un matin de septembre 2001, ils ne s’aperçoivent qu’on les regardait tout à coup d’un œil différent.

    On peut regretter la violence des réactions suscitées par l’affaire des caricatures dans le monde musulman ; on ne saurait s’en étonner. Le monde musulman a toutes raisons de considérer qu’il ne reçoit de l’occident que mépris et humiliations. Les dictatures au pouvoir ont beau jeu de s’appuyer sur les manifestations de ce mépris pour canaliser contre d’autres qu’elles mêmes les rancœurs populaires : l’occident fournit pour cela surabondance de prétextes ; il n’est pas surprenant qu’à l’occasion, les intéressés s’en saisissent.

    Les provocations de Nicolas Sarkozy avaient naguère déclenché quelques incendies de voitures ; celle d’un journal danois aura déclenché celui de quelques ambassades. Ceux qui prêchent la « guerre des civilisations » ne peuvent s’étonner de voir riposter leur ennemi désigné.

    http://lmsi.net/article.php3?id_article=510#auteur20

  • Le cycle de la vie

     

     

    medium_hyene.jpg

     

     Salut visiteuse, visiteur,

    Tu trouvera le choix de mes poésies bien sinistre !

    Et tu aura raison.

    Lis donc la formidable description, que nous fait Charles, de cette " charogne " et oses me dire que ce n’est pas tout simplement… magnifique et vénéneux.

    Doux frissons.....

    Une Charogne.

            Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
            Ce beau matin d'été si doux :
            Au détour d'un sentier une charogne infame
            Sur un lit semé de cailloux,

            Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
            Brûlante et suant les poisons,
            Ouvrait d'une facon nonchalante et cynique
            Son ventre plein d'exhalaisons.

            Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
            Comme afin de la cuire à point,
            Et de rendre au centuple à la grande nature
            Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

            Et le ciel regardait la carcasse superbe
            Comme une fleur s'épanouir.
            La puanteur etait si forte, que sur l'herbe
            Vous crûtes vous évanouir.

            Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
            D'ou sortaient de noirs bataillons
            De larves, qui coulaient comme un épais liquide
            Le long de ces vivants haillons.

            Tout cela descendait, montait comme une vague,
            Ou s'élancait en pétillant ;
            On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
            Vivait en se multipliant.

            Et ce monde rendait une étrange musique,
            Comme l'eau courante et le vent,
            Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
            Agite et tourne dans son van.

            Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
            Une ébauche lente à venir,
            Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
            Seulement par le souvenir.

            Derrière les rochers une chienne inquiete
            Nous regardait d'un oeil fâché,
            Epiant le moment de reprendre au squelette
            Le morceau qu'elle avait laché.

            Et poutant vous serez semblable à cette ordure,
            A cette horrible infection,
            Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
            Vous, mon ange et ma passion !

            Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
            Apres les derniers sacrements,
            Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
            Moisir parmi les ossements.

            Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
            Qui vous mangera de baisers,
            Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
            De mes amours décomposées !


            Charles BAUDELAIRE

  • Egypte intouchable

    medium_poule_20grand.gif

    http://www.tout-sur-la-grippe-aviaire.info/

    Grippe aviaire : nouveau cas en Égypte

    le 07-02-2007 18:02 | émis par : OMS Organisation Mondiale de la Santé

    catégorie : Organisations Internationales

    thème : Agriculture / Grippe Aviaire

    Le Ministère égyptien de la Santé et de la Population a annoncé un nouveau cas d'infection humaine par le virus A(H5N1) de la grippe aviaire.

    Celui-ci a été confirmé par le Laboratoire central égyptien de santé publique et par la troisième unité du Laboratoire de recherche médicale de la Marine des Etats-Unis (NAMRU-3).

    Les symptômes sont apparus le 25 janvier 2007 chez cette jeune femme de 17 ans, du Gouvernorat de Fayyoum. Elle a tout d'abord été traitée pour une grippe saisonnière, puis elle a été hospitalisée le 1er février et elle est morte le 2.

    L'enquête initiale sur l'origine de son infection indique la présence de volailles malades et mortes à son domicile dans les jours précédant l'apparition de ses symptômes.

    Sur les 20 cas confirmés jusqu'ici en Égypte, 12 ont été mortels.

    © News Press 2007

     

    Cher lecteur,

    Tu t’es sûrement perdu sur la toile pour arriver chez moi ;

    Alors tu te dis certainement que je m’affole pour rien, que la grippe aviaire c’est une arnaque des labos pour faire plus de pognon.

    Peut-être……..peut-être pas !

    En tout cas je te défie, lecteur chéri, de trouver une info sur l’épizootie en cours en Egypte !

    Les quelques morts ne pèsent pas grand chose face aux intérêts en jeux.

    Alors, ne protégerions nous pas ce pays d’une crise touristique catastrophique en cas de divulgation massive des informations que je vous communique ?

    Bah, je dois me faire des idées, sûrement !

    Mais mourir à 27 ans pour avoir tripoté une poule, ça me fait frémir!

     

  • La grippe aviaire: un mauvais coût pour la jeunesse!

    medium_cas_humain.jpg
    Ce tableau récapitule le nombre de victimes de la grippe aviaire selon leurs tranches d'age.
    En bleu clair les survivants et en bleu foncé les DCD!
    Si la pandémie éclatait les jeunes générations seraient les plus menacées.
    Les tranches d'age les plus touchées sont les 10-39 ans (les cas mortels sont en bleu foncé).
    Toutes les Infos ici!

  • BIRD FLU INFLUENZA

    medium_birdflu.JPG

    Cliquez et regardez le développement de la grippe aviaire dans le monde depuis 2003.

    cliquez sur "play".