Compteur Gratuit

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • vie et mort.

      

    Le dormeur du val

    C'est un trou de verdure où chante une rivière,
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

    Arthur RIMBAUD (1854-1891) 
    (Recueil : Poésies)

  • INTEGRATION

    petites histoires de salle de pause:

    une employée française de souche fait kado d'un pot de confiture emballé à un collègue musulman, pour NOEL. Celui-ci la remercie et répond que du coup il a du, je cite: "fabriquer un Sapin vite fait". Rires...

    Sa fille, au collègue musulman, lui demande pourquoi le papa Noel lui a apporté son cadeau avant? Il lui répond que celui-ci est venu a son travail et que l'explication fut jugée suffisante à la gamine...nous rions tous...

    Une autre collègue enchaine en racontant qu'invitée chez un ami musulman elle s'étonne de voir un sapin. L'ami "arabe" se marre et déclare "SARKO peut venir chez moi maintenant, il verra que je suis intégré...." nous rions de bon coeur!

    Voila, amis journalistes, comment l'intégration se fait aujourd'hui dans notre pays dans les classes populaires.
    Alors BASTA COSI sur toutes les conneries qu'on nous sert à longueur de reportages.

     Entendu dans une FNAC de province en décembre 2006!

  • Ecoutez donc, c'est beau et puissant!

    J'ai marché au pas, sur cet air, pendant mes classes.

     

     

    Kyrie des Gueux 

     

     

     

    1. Holà ! Marchons, les gueux,

     

    Errant sans feu ni lieu,

    Bissac et ventre creux,

    Marchons, les gueux !

     

     

     

    R. Kyrie, eleison,

    Miserere nostri.

     

     

     

    2. Bissac et ventre creux,

    Aux jours calamiteux,

    Bannis et malchanceux,

    Marchons, les gueux !

     

     

     

    3. Bannis et malchanceux,

    Maudits comme lépreux,

    En quête d'autres cieux,

    Marchons, les gueux !

     

     

     

    4. En quête d'autres cieux,

    Rouleux aux pieds poudreux,

    Ce soir chez le Bon Dieu,

    Frappez, les gueux !

     

     

     

    5. Ce soir chez le Bon Dieu,

    Errant sans feu ni lieu,

    Bissac et ventre creux,

    Entrez, les gueux !

     

    écoutez ICI!

  • LA CHAROGNE.

     

     

     

    Ce poème m'a toujours fasciné. Pas vous? 

    XXIX - Une Charogne

    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d'été si doux:
    Au détour d'un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,

    Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d'exhalaisons.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande Nature
    Tout ce qu'ensemble elle avait joint;

    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s'épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l'herbe
    Vous crûtes vous évanouir.

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D'où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.

    Tout cela descendait, montait comme une vague
    Ou s'élançait en pétillant
    On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.

    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l'eau courante et le vent,
    Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.

    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d'un oeil fâché,
    Epiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu'elle avait lâché.

    - Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion!

    Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
    Apres les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
    Moisir parmi les ossements.

    Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés!

    Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire